Tech & internet

Faut-il se faire livrer en ligne ou se déplacer pour réduire son empreinte carbone?

Repéré par Jean-Laurent Cassely, mis à jour le 18.04.2016 à 12 h 41

Repéré sur The Kernel

Réponse: ça dépend...

Delivery... / Loco Steve via Flickr CC License By

Delivery... / Loco Steve via Flickr CC License By

À la culpabilité de noyer son angoisse existentielle dans une frénésie d’achats compulsifs, faut-il ajouter celle de nuire à l’environnement en commandant ses achats en ligne? Le site The Kernel a consulté l'état des savoirs en recherche sur la logisitique pour savoir ce qu’il en était. À ses débuts, un consensus scientifique a accordé au commerce en ligne une supériorité environnementale sur les achats en magasin. Plusieurs études ont montré qu’un consommateur qui ne se déplace jamais émet une empreinte carbone moindre que son voisin qui prend sa voiture pour le centre commercial le plus proche. 

Plusieurs facteurs expliquent cette différence. Les livraisons commerciales sont optimisées pour desservir plusieurs clients en un seul trajet, à l’inverse de l’acheteur solitaire qui fait l’aller-retour simplement pour acheter un chargeur électrique ou un casque audio. Et encore, ce dernier peut utiliser plusieurs fois sa voiture pour tester les articles ou comparer leurs prix dans plusieurs enseignes concurrentes.

Une étude réalisée en 2013 pour le centre d'étude sur la logisitique et les transports du MIT avait permis de décomposer les postes d’émission carbone en fonction du mode d’achat. Le consommateur traditionnel fait exploser son score à cause de son trajet motorisé. En revanche, les acheteurs en ligne sont responsables d’émissions importantes liées à la quantité de suremballage nécessaire à l’expédition, mais tous postes additionnés, ces derniers restent un peu plus économes en énergie dépensée.

Les chercheurs ont conclu à une moindre émission carbone des cyberacheteurs, à la stricte condition que ceux-ci se contentent de délais d’expédition raisonnables. S’ils sont impatients, c’est à dire s’ils recourent à une option de livraison rapide, leurs frais de transports remontent et leur bilan carbone excède celui de l’achat physique en magasin.

Environmental Analysis of US Online Shopping, Dimitri Weideli. MIT Center for Transportation & Logistics

Gare aux livraisons express

Le comportement du consommateur a évolué et le commerce en ligne tend à devenir la norme. Un client impatient d'un site de livraison peut désormais acheter sur un coup de tête une paire de chaussures ou des livres au hasard plusieurs fois par semaine. «En ajoutant à cela la livraison express et les retours d’articles, les gains environnementaux des achats en ligne retombent à pratiquement zéro», écrit l’auteur de l’article. La contraction des délais de livraison impliquant le recours au transport aérien, qui émet bien plus de carbone que le transport routier.

La comparaison dépend en grande partie du type de commune où réside l’acheteur. En ville dense, il peut se déplacer en transports en commun, limitant sa trace environnementale, là où un acheteur vivant dans le périurbain ou le rural aura plutôt intérêt écologiquement à se faire livrer par internet.

L’étude du MIT révèle aussi que le pire mode d’achat combine les dépenses énergétiques des déplacements de l’acheteur (par exemple pour comparer les offres) à l’achat en ligne express.

Un autre enseignement des dernières comparaisons effectuées est qu’il est préférable de se déplacer à mesure que le nombre d’articles achetés augmente. Une récente étude montre par exemple que l'achat de 25 articles dans un commerce équivaut à l'empreinte carbone de l'achat d'un seul en ligne.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte