HistoireAllemagne

On sait désormais où Hitler a passé chaque jour de sa vie

Repéré par Annabelle Georgen, mis à jour le 18.04.2016 à 9 h 36

Repéré sur Der Spiegel, Berlin Story Verlag, Die Zeit

Un homme a réussi à compiler les lieux où a séjourné le dictateur nazi, ses emplois du temps et ses trajets de sa naissance à sa mort.

Discours d’Adolf Hitler lors de l’élection présidentielle, le 4 avril 1932  | German Federal Archives via Wikimedia Commons License by

Discours d’Adolf Hitler lors de l’élection présidentielle, le 4 avril 1932 | German Federal Archives via Wikimedia Commons License by

Où se trouvait le dictateur nazi durant les premières semaines de la Seconde Guerre mondiale? Combien de jours en tout a-t-il passé dans son chalet de montagne de l’Obersalzberg? Et combien de fois s’est-il rendu au palais des festivals de Bayreuth pour assister à un opéra wagnérien? Ces questions en apparence insignifiantes mais que se posent historiens, biographes d’Hitler et passionnés d’histoire locale ne sont désormais plus des énigmes, grâce au patient travail de recherche mené par un employé de bureau allemand féru d’histoire, rapporte l’hebdomadaire allemand Der Spiegel.

Durant les vingt dernières années, Harald Sandner, 56 ans, a passé la plupart de son temps libre à mener des recherches pour déterminer où se trouvait le dictateur nazi chaque jour de sa vie, de sa naissance le 20 avril 1889 à Braunau am Inn, en Autriche-Hongrie, à sa mort à Berlin le 30 avril 1945. Il en a tiré un ouvrage divisé en quatre tomes, Hitler. Das Itinerar (Hitler, l’itinéraire), à paraître fin avril, dans lequel les lieux où a séjourné Hitler, ses emplois du temps, ses trajets –jusqu’au moyen de transport utilisé– sont rigoureusement consignés.

Harald Sandner a fouillé les archives de nombreuses villes, consulté des milliers de livres, documents administratifs, journaux et témoignages, entretenu une correspondance avec des historiens et des chercheurs en histoire locale:

«Parfois, les détails les plus triviaux lui ont permis d’avancer, par exemple un reçu conservé aux archives fédérales. Le 17 septembre 1931, Hitler a acheté des pneus de voiture au commerce de gros Michael Dichtl & Söhne au 26 de la Schleißheimer Straße à Munich. Et n’a payé qu’après avoir un reçu un rappel de paiement.»

«Mes ancêtres étaient des nazis»

«Là où se trouvait Hitler se trouvait le pouvoir», explique le chercheur au Spiegel, en prenant pour exemple les nombreux séjours du dictateur à Bayreuth, la ville du compositeur Richard Wagner. Comme le rappelait l’hebdomadaire Die Zeit en 1997 à l’occasion de la parution d’un ouvrage qui analysait la manière dont l’univers des opéras de Wagner avait pu influencer l’idéologie nazie, Hitler vouait une admiration sans bornes au compositeur antisémite:

«Hitler voyait en Richard Wagner “la plus grande figure de prophète que le peuple allemand eût jamais possédée”. Il était le seul qu’il considérait comme un précurseur. Wagner était son unique idole.»

Très proche de Winifred Wagner, la belle-fille du compositeur, qui faisait partie des rares personnes autorisées à le tutoyer, Hitler séjournait dans une maison appartenant à la famille lors des ses séjours à Bayreuth. Sans l’intervention du Führer en personne, le palais des festivals de Bayreuth aurait dû fermer ses portes. Il sauva l’opéra de la faillite en achetant tous les billets invendus.

Harald Sandner explique s’être lancé dans cette entreprise colossale après s’être intéressé à l’histoire de ses ancêtres, dont il se demande toujours pourquoi ils vouaient un culte au dictateur:

«Mes ancêtres étaient des gens normaux, gentils. Mais, au final, c’étaient des nazis. Ils n’étaient pas membres du parti mais ils sont restés sur sa ligne jusqu’à la fin de leur vie. […] Je suis le premier démocrate de la famille.»

Sa plus grande fierté est sans doute d’avoir tordu le cou à certaines légendes locales sur le dictateur, prouvant par exemple qu’Hitler avait séjourné soixante-quinze jours à Hambourg entre 1926 et 1939, alors que, jusqu’ici, plusieurs spécialistes affirmaient qu’il ne s’était jamais rendu dans la ville hanséatique au motif qu’elle était trop cosmopolite.

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