Monde

En Californie, un étudiant irakien expulsé d'un avion pour avoir dit «inch'allah»

Repéré par Claire Levenson, mis à jour le 18.04.2016 à 10 h 16

Repéré sur New York Times

Aux États-Unis, de plus en plus de musulmans rencontrent des difficultés pour voyager.

L'étudiant irakien demande des excuses à la compagnie Southwest | John Murphy via Flickr CC License by

L'étudiant irakien demande des excuses à la compagnie Southwest | John Murphy via Flickr CC License by

Un réfugié irakien qui prenait un avion de Los Angeles à Oakland a été débarqué de son vol le 6 avril parce qu'avant le décollage, il a eu le malheur de passer un coup de fil en arabe, rapporte le New York Times.

Une passagère a été voir les hôtesses de l'air pour leur dire que son voisin arabophone avait l'air de faire des «commentaires potentiellement menaçants». Quelques minutes après la fin de sa conversation téléphonique avec son oncle, Khairuldeen Makhzoomi, qui est étudiant à l'université de Berkeley, a été escorté hors de l'avion par un employé arabophone de la compagnie aérienne Southwest.

Il a ensuite été fouillé à l'aéroport et interrogé par des agents du FBI, qui lui ont dit que la passagère avait cru l'entendre parler de martyr en utilisant une phrase souvent «associée aux djihadistes»Makhzoomi avait dit «inch'allah» avant de raccrocher, et il est possible que sa voisine ait cru qu'il s'agissait d'«allahou akbar».

Après que le FBI ait déterminé qu'«aucune autre action n'était nécessaire», l'étudiant a été autorisé à prendre un autre vol vers Oakland. Il ne compte pas faire un procès mais demande des excuses de la part de la compagnie aérienne. Southwest a pour l'instant répliqué qu'ils «regrettaient lorsque leurs clients avaient de mauvaises expériences à bord» et qu'ils ne «toléraient aucune forme de discrimination».

Harcèlements injustifiés 

Un incident similaire a également eu lieu il y a quelques jours dans un autre avion Southwest. Une femme voilée d'origine somalienne qui avait demandé à son voisin d'échanger de place pour être côté couloir a été débarquée d'un avion à Chicago. L'hôtesse de l'air a expliqué à la police qu'«elle ne sentait pas à l'aise» avec cette passagère.

Comme l'explique CAIR, l'association de défense des droits des musulmans américains, il devient de plus en plus compliqué de prendre l'avion aux États-Unis pour les gens qui parlent arabe ou portent un hijab. Six cas similaires ont été rapportés depuis le début de l'année, selon Zahra Billoo une porte-parole de l'organisation.

«Nous sommes inquiets car les musulmans sont confrontés à de plus en plus de surveillance et de harcèlement injustifié lorsqu'ils essayent de voyager», a-t-elle déclaré.

En novembre dernier à Chicago, deux passagers arabophones d'origine palestinienne avaient également été empêchés de monter dans leur avion. Un agent leur avait expliqué qu'un passager les avait entendu parler arabe et avait peur de prendre le même avion qu'eux. Ils avaient fini par appeler la police qui les avait finalement aidés à prendre leur avion.

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