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La Corée du nord a laissé des savants occidentaux étudier son volcan sacré

Repéré par Jean-Marie Pottier, mis à jour le 17.04.2016 à 23 h 36

Repéré sur Nature

Une peinture de propagande nord-coréenne montrant Kim Il-Sung et Kim Jong-Il au sommet du mont Paektu.

Une peinture de propagande nord-coréenne montrant Kim Il-Sung et Kim Jong-Il au sommet du mont Paektu.

La Corée du Nord qui collabore avec l'Occident? Il faut bien un volcan qui menace de rentrer en éruption pour cela. La revue Nature raconte comment des scientifiques nord-coréens, américains et britanniques ont analysé pendant deux ans les mouvements sismiques autour du Mont Paektu, situé à la frontière sino-nord-coréenne (et connu sous le nom de massif du Changbai du côté chinois).

Ce volcan constitue l'emblème national de la Corée du nord et est notamment présenté par la propagande locale comme le lieu de naissance de Kim Jong-il, le père de Kim Jong-un, qui a dirigé le pays de 1994 à 2011 –selon les observateurs occidentaux, il était en réalité né en URSS. Le lieu a connu une des éruptions les plus puissantes de l'histoire en 946 (en 2014, le volcanologue Clive Oppenheimer en parlait comme de l'équivalent d'un million d'armes nucléaires en termes d'énergie!) et a le potentiel pour projeter de la lave à 20 km alentour. Fin mars, des sources gouvernementales sud-coréennes avaient d'ailleurs fait part de leurs craintes que les expérimentations nucléaires de leur voisin ne réveillent le volcan.

Dans leur étude, publiée dans la revue Science Advances, les chercheurs font état d'une fusion partielle de la croûte du volcan. qui pourrait expliquer une série d'éruptions survenue entre 2002 et 2005.

Le mont Paektu du côté nord-coréen. Uri Tours via Flickr CC License by.

Initiée en 2011, cette collaboration a bien sûr dû surmonter des obstacles bureaucratiques du côté de Pyongyang, Londres et Washington, écrit Science:

«L'équipe a dû abandonner l'idée de mesurer la conductivité sous le volcan car l'équipement requis pouvait également servir à détecter des sous-marins.»

Interviewée par Wired, Kayla Iacovino, une des signataires de l'article de Science Advances, a estimé que celui-ci «ferait date» et constituait une bonne incitation à utiliser la science comme «outil diplomatique». Un rapprochement des peuples autour d'une culture et d'une ambition scientifique communes (et aussi raconte Motherboard, autour de la découverte du hip-hop) que résume bien la réaction qu'ont eue les chercheurs nord-coréens quand ils se sont rendus à Cambridge pour écrire l'article:

«Newton était ici? Darwin était à Cambridge?»

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