Sciences

La guerre du séchage de mains continue

Temps de lecture : 2 min

Dyson Hand dryer / Richard Masoner/Cyclelicious via Flickr CC License by.
Dyson Hand dryer / Richard Masoner/Cyclelicious via Flickr CC License by.

«Utiliser un sèche-mains Dyson, c'est comme remonter une bombe virale dans une salle de bains.» Le constat est signé du site Ars Technica, qui relaie une récente étude menée par des chercheurs de l'université de Westminster pour le Journal of Applied Microbiology selon laquelle ce type d'appareils, fréquent, par exemple, dans les toilettes publiques, «propulse beaucoup plus de virus dans l'air, qui y résident pendant davantage de temps et parcourent des distances beaucoup plus longues».

Pour parvenir à ce constat, les chercheurs ont mené une expérience où ils demandaient à des volontaires exposés à un virus inoffensif de s'essuyer les mains avec trois méthodes (serviette en papier, sèche-mains «basique» et un sèche-mains Dyson, beaucoup plus puissant) et se sont intéressés à la dissémination du virus. Résultat: elle a été 60 fois plus importante avec le sèche-mains puissant qu'avec le basique, et 1.300 fois plus importante avec le sèche-mains puissant qu'avec les serviettes en papier. Conclusion des chercheurs:

«Les résultats de cette étude suggèrent que, dans des endroits où l'hygiène et la contamination constituent des enjeux primordiaux, comme les établissements de santé ou l'industrie alimentaire, le choix de la méthode de séchage de mains devrait être étudié attentivement.»

Comme le pointent le Guardian et Fusion, cette étude s'inscrit dans le cadre d'un conflit décennal entre Dyson et l'industrie du sèche-mains papier. Le groupe a d'ailleurs répondu à cette dernière étude en estimant qu'elle était biaisée et en vantant la qualité de son produit, suscitant en retour une réponse des chercheurs qui ont défendu leur travail. En 2014, il avait même publié une vidéo pour dénoncer des «études discutables» critiquant ses produits. Les deux parties s'accusent aussi mutuellement de financer les études qui leur sont favorables.


En attendant, le Guardian, dans sa sagesse, nous offre ce jugement de Salomon:

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«Avec 40% des infections survenant à l'hôpital associées à un mauvais essuyage de mains, le problème vient peut-être davantage du nettoyage que du séchage.»

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