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Réfugiés syriens: le geste d'hospitalité et de défi du pape François

Temps de lecture : 2 min

FILIPPO MONTEFORTE / POOL / AFP.
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Ils sont douze, six adultes et autant d'enfants.

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On les voit attendre, comme s'ils étaient des vacanciers s'apprêtant à prendre un vol banal, puis grimper dans l'appareil d'Alitalia. Il y a quelques semaines, deux de ces familles étaient à Damas, capitale syrienne et place forte du régime de Bachar el-Assad, et une à Deir Azzor, dans la zone occupée par l'organisation État islamique, et leurs maisons étaient bombardées.

Les photos de ces douze réfugiés que le pape François a décidé de ramener avec lui au Vatican après sa visite sur l'île de Lesbos, en Grèce, ce samedi 16 avril, sont très fortes. Elles constituent à la fois un symbole de l'engagement du Vatican dans la crise des réfugiés et, en creux, des échecs européens sur le sujet.

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Selon le père Federico Lombardi, porte-parole du Vatican, cité par le Corriere della Sera, le pape «a voulu faire un geste d'hospitalité envers les réfugiés en ramenant à Rome avec son propre avion trois familles de réfugiés en provenance de Syrie, douze personnes en tout, dont six enfants. Ce sont des personnes qui étaient déjà présentes dans les camps de Lesbos avant l'accord entre l'Union européenne et la Turquie. Les membres des trois familles sont musulmans». D'après la Stampa, l'hospitalité leur sera initialement fournie par la Communauté Sant'Egidio.

Ce geste d'hospitalité est aussi un geste de défi envers les dirigeants européens qui semblent incapables de s'accorder pour gérer la crise des réfugiés. «Les préoccupations des institutions et des personnes, ici en Grèce comme dans d’autres pays d’Europe, sont compréhensibles et légitimes. Il ne faut cependant jamais oublier que les migrants, avant d’être des numéros, sont des personnes, des visages, des noms, des histoires, a lancé François lors de sa visite. L’Europe est la patrie des droits humains, et quiconque pose le pied en terre européenne devrait pouvoir en faire l’expérience; ainsi, il se rendra plus conscient de devoir à son tour les respecter et les défendre.»

En septembre 2015, le pape avait demandé à toutes les paroisses italiennes d'accueillir au moins une famille de réfugiés. Cette fois-ci, en se déplaçant à Lesbos et en ramenant avec lui des réfugiés, il semble mettre les chefs d'État et de gouvernement de l'Union européenne devant leurs responsabilités, estime le Washington Post: «En traversant le mur de barbelés qui isole les occupants du camp de Moria du reste du monde, le pape lance aux dirigeants européens un défi moral qu'ils ne peuvent pas contourner.»

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