Sciences / Société

Une liste de courses antique relance le débat de la datation de la Bible

Temps de lecture : 2 min

L'analyse d’inscriptions manuscrites sur des fragments de poterie vieux de 2.600 ans a permis de réexaminer l’époque à partir de laquelle l’écriture était répandue dans l’actuel État d’Israël.

Bible | Lauri Rantala via Flickr CC License By
Bible | Lauri Rantala via Flickr CC License By

Le débat sur la datation de la Bible est relancé. Tout est parti de l’analyse récente de fragments de poterie datant de 600 avant notre ère. Des fouilles sur les restes d’un fort d’Arad (Israël), dans ce qui était alors le royaume de Judas, avaient mis au jour ces «ostracas», tessons de poterie utilisés comme support d’écriture.

Une équipe de mathématiciens de l’université de Tel Aviv a numérisé les inscriptions manuscrites et utilisé un algorithme pour déterminer si les textes avaient été écrits par la même personne. Ils ont pu découvrir qu’au moins six auteurs avaient écrits ces messages internes entre militaires, principalement des commandes d’approvisionnement en nourriture et en boisson, relate le New York Times.

Les signatures des auteurs et les interpellations entre eux dans les textes ont permis de découvrir qu’ils appartenaient à tous les niveaux de la hiérarchie du fort, du commandant de la forteresse au simple garde placé sous l’autorité du responsable des stocks.

Les fragments de poterie utilisés comme support d’écriture analysés dans l’étude. Via Livescience | Crédit: PNAS, Faigenbaum-Golovin et al.

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Quel rapport avec la Bible? Le fait que l’écriture soit maîtrisée dans un fort reculé du royaume signale que cette technique était répandue en Judée, qui comptait environ 100.000 habitants à l’époque, et laisse penser qu’au moins plusieurs centaines de gens étaient lettrés. Suffisamment donc pour avoir écrit et compilé des portions de certains livres de l’Ancien Testament, relançant la thèse selon laquelle des parties de la Bible ont été écrites au moment où les événements relatés avaient lieu et non intégralement a posteriori.

Les fragments analysés sont vieux de 2.600 ans, soit un peu avant la date-clé de la destruction du temple de Jérusalem en 586 av. J.-C. par Nabuchodonosor II, contraignant le peuple juif à l’exil vers Babylone. La datation se basait jusqu’alors sur l’hypothèse que l’alphabétisation n’était pas suffisamment répandue avant cette date.

La datation de la Bible est l’objet de plusieurs hypothèses concurrentes et ne sera pas réglée grâce aux résultats de l’analyse scientifiques de ces quelques tessons. Reste la prouesse technique qui a permis l’identification des auteurs des inscriptions. Les chercheurs ont utilisé des méthodes de police scientifique appliquées aux textes anciens pour distinguer les écritures entre elles et ont eu recours à un programme pour compléter les lettres manquantes ou illisibles sur les fragments analysés.

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