France

L'étrange litanie des nécrologies du quinquennat

Temps de lecture : 2 min

Il reste un an à François Hollande à l'Élysée. Mais opposants, médias et observateurs ne l'y voient déjà plus après 2017.

François Hollande à l'Élysée le 13 avril 2016 après une rencontre avec Alexis Tsipras | Thomas Samson / AFP
François Hollande à l'Élysée le 13 avril 2016 après une rencontre avec Alexis Tsipras | Thomas Samson / AFP

François Hollande se présente, ce jeudi 14 avril, face aux Français dans une émission diffusée sur France 2. Sécurité, emploi, jeunesse: de 20h15 à 21h45, dans «Dialogue citoyen», il répondra aux questions de quatre Français (et non six, comme prévu initialement). Invité des journaux télévisés de TF1 et France 2 en février après le dernier remaniement, il n'avait rassemblé que 9,8 millions de téléspectateurs, des scores inférieurs à la moyenne des JT de ces chaînes.

Alors que l'inversion de la courbe du chômage –sa promesse de campagne qui conditionne sa candidature à l'élection présidentielle–, semble difficilement réalisable d'ici 2017 et que, selon un sondage, 76% des Français ne souhaitent pas qu'il se représente, certains politiques et commentateurs estiment d'ores et déjà que le chef de l'État n'a plus aucune chance de changer les choses avant l'élection présidentielle. Et à lire les propos des uns et des autres dans la presse, on a l'étrange impression que le quinquennat est déjà fini.

«À moins qu'il sauve de la mort l'archevêque de Paris...»

François Bayrou, qui avait voté à titre personnel pour François Hollande en 2012, ne croit plus du tout aux chances du président sortant, sauf miracle de caractère divin, et en plaisante dans le Point: «Il n'a aucune issue. À moins qu'il y ait un tremblement de terre et qu'il sauve de la mort l'archevêque de Paris, c'est fichu pour Hollande.»

«Ni le favori, ni le challengeur, ni un outsider, ni moins encore un recours»

Dans une chronique publiée par Libération et consacrée à la volonté de résilience du président sortant, Alain Duhamel explique que François Hollande «n’est ni le favori (c’est Juppé), ni le challengeur (c’est Sarkozy, c’est Le Maire, c’est Fillon), ni un outsider (c’est Marine Le Pen), ni moins encore un recours (c’est Valls)».

«Le quinquennat est déjà fini...»

«La réalité, c’est que, quoi qu’il arrive, c’est déjà fini pour Hollande, il n’a plus aucun levier, plus aucun ressort.» C'est ce qu'explique au Monde l'ancienne ministre de la Culture Aurélie Filippetti. Sans surprise, la «frondeuse» doute de l'efficacité d'une émission de télévision pour doper la popularité du président de la République.

«Ce système présidentialiste est moribond»

Sur son compte Twitter, le chercheur Christian Salmon, qui analyse depuis des années la communication politique française, dit sa lassitude vis-à-vis des interventions du président (et d'autres). Il disait déjà en 2014 dans son livre Derniers Jours de la Ve République que Hollande incarnait la figure de «l'insouverain». Aujourd'hui, il refuse les interviews concernant la communication du président, qui relève pour lui de la «persistance posthume».

Mélissa Bounoua Rédactrice en chef adjointe de Slate.fr

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