LGBTQ / Sciences

Homosexualité: plus de génétique, c'est moins d'intolérance

Temps de lecture : 2 min

Comprendre que l'orientation sexuelle est en grande partie déterminée par les gènes permet de réduire les préjugés négatifs dont sont victimes les minorités sexuelles.

Gay Pride en Pologne I JANEK SKARZYNSKI / AFP
Gay Pride en Pologne I JANEK SKARZYNSKI / AFP

Savoir que l'homosexualité est en grande partie d'origine génétique –et que les homosexuels ne «choisissent» pas leur orientation ni ne peuvent en «changer» par la seule force de leur esprit– permet de largement diminuer l'intolérance dont les homosexuels peuvent être victimes. C'est ce que concluent Mark R. Joslyn et Donald P. Haider-Markel, deux chercheurs en sciences politiques de l'université du Kansas dans une étude publiée début mars dans la revue Social Science Quaterly.

«Si les gens pensent qu'être gay ou lesbienne est le résultat de la génétique, pas d'un choix ou d'un contexte social, ils ont aussi tendance à penser que l'homosexualité ne peut être changée, résume Mark Joslyn, le co-auteur de l'étude. Et ce que nous avons trouvé, c'est que cette pensée déterministe rend l'homosexualité en tant que comportement moins contestable ou moralement préoccupante dans l'esprit de beaucoup de sondés.»

Le débat sur l'immutabilité de l'orientation sexuelle –parce que son origine est principalement biologique, un individu ne peut ni la choisir ni choisir d'en changer– et son effet sur l'acceptation sociale des minorités sexuelles ne date pas d'hier. Reste que ce travail est le premier à attester de cet effet (positif) sur un échantillon aléatoire et statistiquement représentatif d'individus –en l’occurrence, 1.010 Américains âgés de plus de 18 ans.

Une acceptation croissante de l'homosexualité

Les chercheurs ont ainsi observé que la majorité des sondés qui attribuaient des causes génétiques à l'homosexualité estimaient le comportement impossible à modifier –selon eux, il était indépendant d'éventuelles influences sociales et/ou familiales et l'individu concerné était totalement incapable de le contrôler. Un point de vue –objet par ailleurs d'un consensus scientifique qui ne cesse de gagner en solidité– permettant d'attenuer, voire d'inverser, les perceptions négatives que certains peuvent se faire des minorités sexuelles.

«Les homosexuels ne sont pas considérés comme fautifs, commente Joslyn. Par ailleurs, les attitudes envers le groupe [les homosexuels] changent.» Attribuer l'homosexualité à la génétique «produit davantage de jugements stéréotypiques favorables sur les homosexuels».

L'étude de Joslyn et Haider-Markel permet aussi de jauger l'évolution de l'opinion américaine sur ces questions. Entre 2003 et 2014, l'idée que l'homosexualité serait en grande partie génétique a gagné 12 points et, parallèlement, une proportion croissante de sondés en est aussi venue à considérer l'orientation sexuelle comme immuable.

«Ces données convergent et reflètent une acceptation croissante de l'homosexualité en général et du mariage gay en particulier, ajoute Joslyn. Ce qui a comme effet de diminuer les reproches faits aux individus et aura effectivement permis de créer un contexte, au niveau des attitudes et des comportements, plus favorable aux gays et aux lesbiennes. Attribuer l'homosexualité à la génétique a été un élément essentiel (…) des formidables changements auxquels nous assistons aujourd'hui sur la question des droits des homosexuels.»

Slate.fr

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