Monde

Quand Ted Cruz voulait interdire les sex toys au Texas et s'en prenait à la masturbation

Repéré par Claire Levenson, mis à jour le 14.04.2016 à 10 h 34

Repéré sur Mother Jones

Le candidat à la primaire républicaine concurrent de Donald Trump est connu pour ses positions très conservatrices en matière de mœurs.

Bryan Thomas / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Bryan Thomas / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Lorsqu'il était procureur général du Texas, le candidat aux primaires républicaines Ted Cruz a défendu plusieurs positions conservatrices comme l'affichage des dix commandements devant le capitole de l'État à Austin. Pendant plusieurs années, il s'est aussi vigoureusement battu pour maintenir l'interdiction de la vente de sex toys au Texas. 

Le magazine Mother Jones rappelle qu'en 2004, des propriétaires de boutiques de sex toys à Austin avaient décidé de faire un procès pour remettre en cause la constitutionnalité d'une loi texane interdisant la vente et la promotion d'«appareils obscènes».

Théoriquement, les contrevenants à cette loi sur l'obscénité risquent un maximum de deux ans de prison. Même si la loi était rarement appliquée, les vendeurs de sex toys avaient de bonnes raisons de s'inquiéter: en février 2004, une ancienne enseignante qui vendait des vibromasseurs et de la lingerie à domicile avait été arrêtée par deux policiers en civil, avant d'être acquittée.

«Il n'existe pas de droit substantiel à la stimulation des parties génitales»

Pour défendre cette loi, l'équipe d'avocats supervisée par Ted Cruz avait décrété que le droit à la masturbation n'était pas garanti par la Constitution américaine:

«Il n'existe pas de droit substantiel à la stimulation des parties génitales pour des raisons non médicales et sans lien avec la procréation ou en dehors d'une relation interpersonnelle.»

Dans leur texte de soixante-seize pages, ils avaient expliqué qu'au nom de la protection de la «moralité publique», l'État du Texas avait le droit de «décourager la curiosité lubrique envers la gratification sexuelle» et «le sexe autonome». Pour eux, la promotion des sex toys était équivalent à la promotion de la prostitution.

Le droit à la vie privée

De leur côté, les avocats des propriétaires de boutiques de sex toys avaient expliqué que cette loi sur l'obscénité constituait une violation du quatorzième amendement de la Constitution, qui défend notamment le droit à la vie privée.

Les juges de la cour d'appel ont été plus convaincus par ces arguments que par ceux de Cruz:

«Quoi qu'on pense de l'utilisation de ces appareils, une interférence du gouvernement dans leur utilisation privée est une violation de la Constitution.»

Peu après cette décision de justice (en 2008), les anti-sex toys ont songé à faire appel et à présenter leur cas devant la Cour Suprême, avant de renoncer à leur combat contre le commerce des godemichets. 

Anecdote troublante

Alors que ce détail de la carrière de Ted Cruz a refait surface dans les médias, son ancien colocataire, qui le critique sur Twitter depuis plusieurs années, en a profité pour faire une petite remarque méchante, déjà retweeté plus de trente six mille fois:

«Ted Cruz pense que les gens n'ont pas le droit de "stimuler leurs parties génitales". J'étais son coloc à la fac. À l'époque, il n'était pas de cet avis.»

 

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