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La meilleure motivation pour se bouger les fesses? Le porte-monnaie qui se vide

Repéré par Peggy Sastre, mis à jour le 13.04.2016 à 16 h 41

Repéré sur Annals of Internal Medicine, Université de Pennsylvanie

Pour les pousser à faire du sport, donner de l'argent aux gens et le reprendre en cas d'échec est plus efficace que de leur promettre un gain en cas de réussite.

Une perte financière est plus motivante qu’un gain pour inciter des gens à augmenter leur activité physique | aisletwentytwo via Flickr CC License by

Une perte financière est plus motivante qu’un gain pour inciter des gens à augmenter leur activité physique | aisletwentytwo via Flickr CC License by

Dans une étude publiée mi-mars dans les Annals of Internal Medicine, Mitesh PatelDavid Asch et Kevin Volpp, trois chercheurs en médecine de l’Université de Pennsylvanie, observent qu’une perte financière est plus motivante qu’un gain pour inciter des gens à augmenter leur activité physique. Et cette peur de la perte est d’autant plus efficace si l’argent est issu d’une cagnotte préalablement offerte.

«Dans d’autres contextes, on sait déjà que les gens peuvent être très motivés par la perte d’argent, mais nous commençons tout juste à appliquer ces connaissances dans le domaine de la santé», explique Patel.

Dans l’étude, 281 participants –recrutés parmi le personnel de l’université– devaient marcher au moins 7.000 pas par jour. Leur activité était contrôlée par l’accéléromètre de leur smartphone, qu’ils devaient constamment avoir sur eux.

Tous les cobayes avaient un IMC supérieur à 27, ce qui les plaçaient techniquement en surpoids. Un indice, selon Patel «qu’ils pouvaient être plus sédentaires et bénéficier plus largement d’une augmentation de leur activité physique».

Aversion à la perte

Pendant treize semaines, les chercheurs allaient tester trois techniques de motivations différentes. Dans un premier groupe, les participants recevaient 1,40 dollar (1,25 euro) par jour d’objectif réalisé –soit 42 dollars (37 euros) mensuels au maximum. Dans le second groupe, les volontaires recevaient d’office 42 dollars et se faisaient reprendre 1,40 dollar tous les jours où ils n’atteignaient pas leurs 7.000 pas. Enfin, en cas de réussite, les cobayes du troisième groupe avaient la possibilité de remporter leurs 42 dollars mensuels à la loterie. Dans le quatrième groupe de contrôle, l’objectif devait être réalisé par la seule force de sa volonté, sans argent donné ni repris.

Les résultats furent comparables dans le premier, le troisième et le quatrième groupe. Qu’il y ait une récompense garantie, aléatoire ou pas de récompense du tout, le taux de réussite oscillait entre 30 et 35%.

Par contre, chez ceux à qui on retirait l’argent préalablement donné s’ils étaient trop paresseux (ou occupés à autre chose qu’à accumuler leurs 7.000 pas quotidiens réglementaires), l’objectif était réalisé à 45%.

«Ce que nous avons trouvé, c’est que beaucoup de gens hésitent à participer s’ils doivent déboursent leur propre argent, à cause de l’aversion à la perte, détaille Platel. Par contre, donner une somme d’office et la reprendre [si l’objectif n’est pas réalisé] pourrait être un moyen d’encourager davantage de gens en nuançant l’aversion à la perte afin de motiver le changement de comportement.»

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