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VIDÉO. La quasi-nécro de la carrière chez les Bleus de Karim Benzema, privé d'Euro 2016

Grégor Brandy, mis à jour le 13.04.2016 à 18 h 07

Quelques heures avant d'être écarté par la FFF, le joueur du Real Madrid avait publié une compilation de ses exploits sous le maillot tricolore, légendée: «Bleu un jour... Bleu toujours !!!».

Il n'a pas attendu le communiqué de la FFF. Pris depuis l'automne dernier dans l'affaire du chantage présumé à la sextape contre Mathieu Valbuena, dans laquelle il est mis en examen, Karim Benzema a annoncé sur Twitter, mercredi 13 avril en fin d'après-midi, qu'il ne ferait pas partie du groupe français pour l'Euro 2016.

Une décision quasi-immédiatement confirmée par la Fédération, qui a évoqué «la capacité des joueurs à oeuvrer dans le sens de l'unité, au sein et autour du groupe» et «l'exemplarité et la préservation du groupe».

Âgé de 28 ans, l'attaquant du Real Madrid avait publié, en début de matinée, ce qui pouvait alors encore passer pour un «clip de campagne» en faveur de sa sélection et qui fait figure, désormais, de quasi-nécro de sa carrière en Bleu (même s'il n'est évidemment pas exclu qu'il revienne un jour sous le maillot tricolore après l'Euro): une vidéo mise en ligne sur Facebook où on peut le voir inscrire plusieurs buts ou donner une passe décisive sous le maillot bleu lors de matchs de phase finale de Coupe du monde, en éliminatoires ou en amical.

La description est très courte. Karim Benzema laisse entendre que «quoi qu'il arrive», il restera un joueur de l'équipe de France:

«Bleu un jour... Bleu toujours !!!»

La vidéo commence avec le numéro dix français annoncé comme capitaine pour la première fois de sa carrière, par Christian Jeanpierre, avant le match (perdu 3-1) face au Brésil en mars 2015. Suivent un but crucial face à l'Ukraine, en barrages pour accéder à la Coupe du monde au Brésil, un autre superbe face aux Pays-Bas en amical, deux en Coupe du monde, face à la Suisse et au Honduras. D'autres buts encore, inscrits contre la Finlande, l'Australie, la Jamaïque ou l'Estonie, et de nombreuses scènes de communion avec ses coéquipiers ainsi qu'avec le public français. Le tout accompagné de «Peace Train», un morceau de Cat Stevens, un message de paix publié en 1971 en pleine guerre du Vietnam...

Après la qualification du Real Madrid pour les demi-finales de la Ligue des champions face à Wolfsburg, mardi soir, Benzema avait déjà expliqué à quel point il voulait réintégrer l'équipe de France.

«Je joue dans le plus grand club du monde. Je me bats tous les jours pour gagner ma place. L’équipe de France, ça me tient à cœur. Une compétition à la maison, tout joueur rêve de la faire. On verra ce que dit demain [mercredi] ou jeudi le président [de la FFF, Noël Le Graët]. Mon état d’esprit, c’est posé tranquille. J'espère que ce sera une bonne nouvelle.»

Si le sélectionneur français Didier Deschamps avait expliqué qu'il aimerait bien pouvoir compter sur l'attaquant madrilène, les pressions politiques s'étaient faites très fortes sur Noël Le Graët, le président de la FFF. Manuel Valls estimait il y a un peu moins d'un mois, le 15 mars, que les conditions pour un retour de l'international français en sélection n'étaient «aujourd'hui pas réunies»:

«Il est toujours mis en examen. En même temps, c'est la décision de la Fédération française de football et du sélectionneur. Par rapport à la jeunesse, un grand sportif se doit d'être exemplaire. [...] Il faut faire attention, tous les gestes et tous les choix ont leur importance.»

Le Premier ministre avait déjà fait part de ses réserves quelques mois plus tôt, en décembre, au début de l'affaire:

«Un grand sportif doit être exemplaire. [...] S'il ne l'est pas, il n'a pas sa place en équipe de France. S'il y avait un ministre mis en examen, il ne serait plus au gouvernement. [...] D'une certaine manière, c'est pareil pour l'équipe de France.»

Manuel Valls n'était pas le seul ministre à s'être prononcé contre le retour de Karim Benzema en équipe de France, puisque le ministre des Sports, Patrick Kanner, ne voulait pas non plus en mars du Madrilène en sélection. Il avait ensuite indiqué faire confiance à Noël Le Graët et Didier Deschamps et expliqué que chacun devait rester «à sa place» dans cette affaire.

Publié mercredi 13 avril en début de matinée après la mise en ligne de la vidéo de Karim Benzema, cet article a été remanié et mis à jour après l'annonce de sa non-sélection.

Grégor Brandy
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