Science & santé

Le syndrome de l’imposteur n’existe pas

Repéré par Alexis Patri, mis à jour le 13.04.2016 à 14 h 28

Repéré sur Slate.com

Avoir le sentiment que l’on ne mérite pas ses succès est un mécanisme psychologique tout à fait normal.

Les personnes touchées par ce phénomène vivent avec la crainte constante d'être démasquées | Daniel Nugent du photographe via Flickr CC License by

Les personnes touchées par ce phénomène vivent avec la crainte constante d'être démasquées | Daniel Nugent du photographe via Flickr CC License by

«Merci, mais je n’ai aucun mérite, j’ai surtout eu beaucoup de chance.» Combien de fois avez-vous entendu cette phrase dans la bouche d’un ami que vous complimentiez sur l’un de ses succès? Souvent. Une manifestation du «syndrome de l’imposteur», pensez-vous. Vous vous trompez. 

Comme l’explique Slate.com, croire que l’on n’est pas légitime à son poste et que ses succès sont dus à tout sauf à son propre mérite n’est pas un syndrome. Ce n’est pas «un ensemble de symptômes causant une détresse intense ou empêchant une personne d’agir normalement», souligne notre consœur américaine L.V. Anderson, qui fait là référence à la définition clinique du syndrome psychologique.

Cette difficulté à se valoriser et reconnaître son mérite personnel reste néanmoins une réalité qui fait croire aux personnes touchées qu’elles peuvent à tous moment être démasquées et remerciées. Un test psychologique permet d’ailleurs de savoir à quel point vous êtes touché par le phénomène.

Abus de langage

Le phénomène de l’imposteur a été identifié dans les années 1970 par Pauline Rose Clance et Suzanne Imes, deux professeures de psychologie américaines. Mais le succès rencontré par ce concept a vite répandu l’abus de langage de «syndrome» de l’imposteur. Au point que certains managers le traitent comme une affection à soigner, comme le remarque Slate.com.

Pauline Rose Clance, qui a été la première à identifier ce sentiment d’imposture, regrette cette altération. Elle a récemment précisé que, si c’était à refaire, elle parlerait d’«expérience de l’imposteur», afin d’insister sur le fait qu’il s’agit davantage d’un mécanisme psychologique que tout le monde est susceptible de vivre un jour.

Elle revient donc aussi sur sa première hypothèse qui n’attribuait le phénomène de l’imposteur qu’aux femmes, reconnaissant aujourd’hui que les hommes sont tout aussi susceptibles de relier leur succès «à des facteurs extérieurs à leurs habilités propres».

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