France
- France
- Nicolas Sarkozy
- jean sarkozy
- Véme République
- Président de la République
- Par François Hollande
- François Hollande est ancien premier secrétaire du Parti socialiste.
- DU MÊME AUTEUR
François Hollande
François Hollande est ancien premier secrétaire du Parti socialiste.
Stories from François Hollande
- 1 of 2
- ››
- SUR LE MEME SUJET
François Hollande: Nicolas Sarkozy a perdu contact avec la réalité
La malédiction de la Ve République a encore frappé le Président.
A quel moment de son mandat un président de la République perd-il le contact avec la réalité? Et le rapport à l'opinion? C'est en effet une loi générale sous la Ve République. Elle n'a guère connu d'exceptions. Les plus illustres de nos chefs d'Etat y ont, chacun leur tour, cédé.
Charles de Gaulle, moins que les autres, car la démocratie plébiscitaire, qui fondait sa pratique institutionnelle, fonctionnait comme une corde de rappel. Elle ne l'a néanmoins pas prévenu. Et l'indifférence avec laquelle il a traité l'exaspération de la jeunesse a conduit à Mai 68. On se souvient de ce voyage ahurissant à Bucarest pour rencontrer Ceaucescu alors même que Paris voyait s'élever les premières barricades. Mais il s'agissait plus en ces circonstances d'un manque de lucidité que d'une marque de mépris.
Ses successeurs ont levé, chacun à leur manière, les voiles de la pudeur et ont au cours de leur mandat pris une distance plus ou moins longue avec leurs concitoyens. Valéry Giscard d'Estaing avait beau, à rythmes réguliers, s'inviter à dîner dans une famille français, il partait à la chasse en Afrique, entretenait des relations troubles avec les moins recommandables des chefs d'Etat de ce continent et renversait militairement ceux qui en faisaient trop ou pas assez, sans mesurer les effets dévastateurs de ces aventures africaines. Elles ont fini par lui coûter cher.
François Mitterrand après sa réélection de 1988 se crut lui aussi à l'abri du jugement de ses compatriotes. Et pris donc ses aises: nomination de proches, défense au nom de l'amitié de personnages sulfureux et culte du secret. Jacques Chirac eut encore moins de scrupules: l'indifférence aux affaires, qui l'assiégeaient se conjuguaient avec le renforcement de son immunité pénale. Mais c'était moins de l'aveuglement que de la nécessité.
Nicolas Sarkozy voulait rompre avec ces traditions, ces méthodes, ces comportements. Il entendait en finir avec les «rois fainéants». C'était Bonaparte revenant du pont d'Arcole et des voyages glorieux en Egypte. Son Brumaire n'était pas une révolution de Velours mais l'avènement d'une ère nouvelle. Elle devait consacrer l'impartialité de l'Etat, l'exemplarité de l'exécutif, la responsabilité politique, mais le temps des pro-consuls républicains ne dure jamais longtemps. Il débouche inexorablement sur l'empire républicain. Nous y sommes. Voilà la famille régnante et son impressionnant cortège: les favoris, les courtisans, les soumis, les zélateurs, les obligés, les repentis, les transfuges, les prises de guerre mais aussi les conseillers bavards, les sous-ministres, les pressentis, les recalés, les copains de toujours, les nouveaux amis.
Ces derniers jours, les familiers de la Cour rapportent sous le sceau du secret, confidences et anecdotes: le chef serait devenu inabordable, inaccessible, qu'il se moquerait des «qu'en dira-t-on», de la presse de caniveau, de l'opposition sans projet, des procès sans cause. Voilà le décrochage.
Telle est donc la fatalité qui pèse sur la Ve République. Elle voudrait que chaque locataire de l'Eglise s'émancipe progressivement de toute contrainte et traite par la condescendance toute remarque sur son comportement. Cette malédiction n'explique pas tout. Nicolas Sarkozy a fait franchir une nouvelle étape à la présidentialisation du régime. Sans doute la dernière. Elle conduit à une double rupture: avec ses prédécesseurs dans un premier temps, avec les citoyens dans un second. Comme si tout était possible! Il n'est pas le premier chef d'Etat à se hausser sur un piédestal. Mais il est le premier à le faire avec la certitude sur son bon droit, lequel en l'occurrence se confond avec son bon plaisir.
François Hollande
Lire également: Jean Sarkozy n'est pas un élu comme un autre, Jean Sarkzoy, une claque à la méritocratie et Jean Sarkozy est un «fils de» comme un autre.
Image de Une: Nicolas Sarkozy et son fils Jean Sarkozy  Charles Platiau / Reuters
Retrouvez Slate sur Facebook. Suivez-nous sur Twitter.
Si vous souhaitez commenter cet article, veuillez vous enregistrer ou bien vous connecter.




























Comments
Un nez rouge de clown en plus !
Bonjour,
Mais qui est ce François Hollande ?
Un journaliste ou un bloggeur ???
Enfin une chose est sûr,
plus de tout un HOMME POLITIQUE avec des idées et une vision pour France....
François Hollande ne risque pas de perdre contact avec la réalité,
Parce que c'est déjà fait depuis longtemps et sans même avoir eu la chance d'être président...
J'aime bien votre photo sur ce site mais il faudrait y rajouter un nez rouge de clown !
Mais vraiment en ce moment les politiciens Français sont, au mieux des rigolos !
ou pire la honte pour la France vu de l'étranger...
(Je ne veux surtout pas prendre le parti du Président actuel.)
La honte pour la France vu de l'etranger
Est une formule bateau qu'on emploie à tour de bras pour donner une importance démesurée à des évènements qui ne le méritent pas...surtout quand, au nombre des nations qui en rient, se trouve la Chine qui est, nous le savons bien, un parangon de démocratie et d'ouverture d'esprit.
Népotisme et clientelisme sont les mamelles du pouvoir, ce cas-ci est remarquablement mal dissimulé et jouit d'une surcouverture médiatique supérieure à la portée réelle de l'évenement (il suffit de lire le top 10 de slate : 30% des articles y sont consacrés) mais rendons à César ce qui appartient à César, c'est une tempète dans un dé à coudre.
Enfin sur Hollande, Slate est un site de commentaire de l'actualité, ses chroniqueurs ne sont pas tous des journalistes (lesquels n'ont d'ailleurs pas le monopole de l'analyse réussie, loin s'en faut). Ce n'est pas une tribune politique, et c'est tant mieux. Je ne suis donc pas choqué que Hollande y exprime un point de vue...
-------------------------------------------------------------------
Une société prête à sacrifier un peu de liberté contre un peu de sécurité ne mérite ni l'une ni l'autre et finit par perdre les deux
venin inutile
L'expression libre d'un blog permet de dire tout ce que l'on pense. Mais la provocation devient inutile lorsque des enjeux aussi importants que ceux qui se présentent aux français, en ce qui concerne leurs conditions de vie demain, sont là . La critique d'un système n'occulte pas les idées politiques . Allez donc lire les propositions de Mr Hollande pour la République de demain ( dans ce blog ou dans la presse) et vous pourrez ainsi allez voter en toute connaissance de cause et en votre âme et conscience.
LA ROMANCE DU PARTI
correction
Je crois que le "locataire de l'Eglise" est plutôt le locataire de l'Elysée... Un peu plus logique, quand même.
Guy de Guisbourne
+1
Belle rhétorique pleine de bon sens et de belles phrases, sans aucun doute, mais il ne faut pas seulement critiquer le Roi et aussi penser à apporter des solutions, ce qui redonnerait un peu de crédibilité au PS et les gens en ont besoin, à mon avis. Moins de discours et des solutions!
Cyril F
Le constat vient d'un
Le constat vient d'un spécialiste qui déclarait en 2008 qu'on était riche à partir d'un revenu de 4000 € par mois, soit un peu moins que la moitié de ce que touche un député comme M. Hollande uniquement pour couvrir ses frais et sans justificatif aucun. Le fait que M. Sarkozy soit coupé de la réalité me paraît certes incontestable mais pour autant je n'ai pas d'indice visible comme quoi M. Hollande en soit proche. Ce que le PS nous propose est au niveau de la désorganisation de l'UMP, il ne peut donc pas fanfarronner. M. Hollande, faites des articles pour nous proposer un projet SVP.