Science & santé

«L’étiquette “en couple” ne lui convient pas: il a peur de tomber dans la routine»

Lucile Bellan, mis à jour le 12.04.2016 à 11 h 44

Cette semaine, Lucile conseille Clémence, qui a rencontré quelqu’un avec qui elle se sent bien sauf que cette personne ne souhaite pas se mettre «en couple».

Détail de «La Belle Dame sans Merci», huile sur toile de John William Waterhouse réalisée en 1893 | via Wikimedia Commons (domaine public)

Détail de «La Belle Dame sans Merci», huile sur toile de John William Waterhouse réalisée en 1893 | via Wikimedia Commons (domaine public)

«C’est compliqué» est une sorte de courrier du cœur moderne dans lequel vous racontez vos histoires –dans toute leur complexité– et où une chroniqueuse vous répond. Cette chroniqueuse, c’est Lucile Bellan. Elle est journaliste: ni psy, ni médecin, ni gourou. Elle avait simplement envie de parler de vos problèmes.

Si vous voulez lui envoyer vos histoires, vous pouvez écrire à cette adresse:[email protected]

Pour retrouver les chroniques précédentes, c’est ici.

Je suis actuellement dans une situation amoureuse encore une fois compliquée.

Je n’ai, à vrai dire, jamais été habituée aux relations simples. Mon premier grand amour a commencé sous la forme de sex-friends et a duré finalement quatre ans, je me suis plutôt bien débrouillée. Mais les débuts ont été très difficiles. Il faut toujours qu’un des deux s’attache plus que l’autre et avant l’autre. C’est très rarement l’homme bizarrement, ou peut-être qu’ils n’osent pas l’avouer mais moi ça ne m’est jamais arrivé. Il a fallu subir les week-ends entre potes sans ne jamais rien dire.

Quoi qu’il en soit, après cette rupture (par ma faute), je n’ai pas eu de relation stable et sérieuse. Je ne suis pas pour les relations d’un soir pour la simple et bonne raison que je n’y arrive pas. Mais mes amourettes n’ont pas dépassé les six mois.

J’ai récemment rencontré une personne, sortant d’une histoire assez compliquée, avec qui je m’entends très bien à tous points de vue. Cependant, il ne souhaite pas s’engager dans une relation, ou en tout cas mettre le mot couple sur la relation que nous avons.

Dès le début, il m’avait dit qu’il ne souhaitait pas de relation sérieuse et je l’ai vite appris à mes dépens lors de ses soirées de débauche auxquelles je n’étais pas conviée. Mais, depuis ce début d’année, il semble s’être calmé et vouloir être plus «posé».

Arrive donc la question piège «Que suis-je pour toi?» maintenant que nous nous envoyons des messages tous les jours et que nous nous voyons chez lui en présence de ses parents (une situation d’ailleurs gênante puisqu’ils savent bien que je ne suis pas là uniquement pour dîner avec eux et jouer au Scrabble).

Se voir dès qu’on le souhaite, passer des moments avec sa famille, des nuits torrides et partager notre film du soir ne constitue pas à ses yeux la définition du couple

Donc pour répondre à cette question, j’ai eu le droit à un «je ne souhaite pas me mettre en couple mais notre relation me convient».

Donc, se voir dès qu’on le souhaite, passer des moments avec sa famille, des nuits torrides et partager notre film du soir ne constitue pas à ses yeux la définition du couple. 
D’avoir l’étiquette «en couple» ne lui convient pas car il a peur de tomber dans la routine et les engueulades.

Ma question est donc de savoir ce que je dois faire. Dois-je arrêter une relation dans laquelle je me sens bien, où j’ai envie d’être avec lui et de continuer à partager ses moments intimes?

Ou dois-je écouter la voie de la raison en me disant que j’ai 28 ans et qu’il faudrait peut-être que je commence à penser à mon avenir de femme et donc construire quelque chose de solide mais avec une autre personne (que je n’ai évidemment pas encore rencontrée), puisqu’il ne souhaite pas s’engager avec moi pour l’instant?

Clémence

Chère Clémence,

Faisons preuve de bon sens. Vous êtes engagée dans une relation, où le mot «couple» est donc tabou, qui vous satisfait avec un homme qui vous plaît. Vous le retrouvez à son appartement, vous rencontrez ses parents, vous avez une vie sexuelle plus que satisfaisante. Seulement, cet homme est blessé. Il n’accepte pas l’idée que vous soyez en couple. Mais si l’on exclut le mot, vous l’êtes bel et bien. Alors que vous prenez de plus en plus de place dans sa vie, et lui dans la vôtre, il ne vous repousse pas. Il semble même incapable de prendre ses distances. Tout ce qui semble lui importer, c’est le mot et les responsabilités qu’il implique.

Pour étayer mon argument, je vous propose une petite démonstration par l’absurde: est-ce que vous quitteriez une personne qui refuse d’avoir un chat parce qu’il a été griffé dans l’enfance et que vous en désirez ardemment un? ou encore quelqu’un qui ne mange pas de fruits de mer, alors que c’est votre plat préféré, parce qu’il a des souvenirs d’intoxication alimentaire? Probablement que non. Probablement même que vous vous en accommoderiez au quotidien, profitant de toutes les belles choses que vous partagez et tentant, avec le temps et la confiance, de le faire changer d’avis.

Cet homme n’accepte pas l’idée que vous soyez en couple. Mais si l’on exclut le mot, vous l’êtes bel et bien

Je ne dis pas qu’il a raison ou que son comportement est acceptable. Je dis juste que c’est un homme blessé qui vous plaît et qu’il faut donc le traiter comme tel. Devez-vous vous sacrifier et sacrifier cette relation bien réelle pour un blocage qui ne peut être que provisoire? À mon avis, non. Vous êtes encore jeune, mais, si l’horloge biologique vous inquiète, donnez-vous une deadline. C’est-à-dire qu’il faut vous donner le temps de profiter, d’être heureux ensemble et que son bonheur finisse par le convaincre.

Si cela n’arrive jamais, il sera bien temps dans quelques années de décider ce qui compte le plus pour vous. J’ai bien peur que le couple ne soit jamais aussi solide qu’un investissement dans la pierre et vous devez en avoir conscience. Pour la sécurité, pour l’avenir et les investissements solides, il vous reste toujours votre banquier/agent immobilier/assureur. Dans une relation, l’essentiel, c’est juste de sentir bien avec l’autre. Si c’est ce que vous avez la chance d’avoir, alors ne le gâchez pas.

Lucile Bellan
Lucile Bellan (173 articles)
Journaliste
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