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Élever des insectes comestibles à la maison, ce sera bientôt possible

Repéré par Lucie de la Héronnière, mis à jour le 11.04.2016 à 18 h 13

Repéré sur Quartz, Livin Farms

L’entreprise Livin Farms entend aider les consommateurs à produire des vers de farine chez eux.

Capture d’écran de la vidéo de présentation de The Hive

Capture d’écran de la vidéo de présentation de The Hive

C’est l’idée de deux jeunes Autrichiennes, Katharina Unger et Julia Kaisinger, pour nous faire manger des insectes, comme le préconise la FAO depuis quelques années. Leur entreprise, Livin Farms, installée à Shenzhen, en Chine, va fabriquer une machine pour élever des vers de farine, les récolter et les manger. Le tout à la maison, dans l’espace réduit d’une cuisine.

Grâce à une campagne sur Kickstarter, les deux entrepreneuses ont récolté près de 145.000 dollars (126.900 euros) et plusieurs centaines de précommandes. Appelé «The Hive» («La Ruche»), l’appareil –qui coûte tout de même 649 dollars, soit 568 euros – est composé d’une série de tiroirs.

200 à 500 grammes par semaine

Voilà comment fonctionne le prototype final: l’utilisateur place des chrysalides de ténébrions (l’autre nom de cet insecte qui raffole des farines de céréales), livrées avec la machine, dans le plus haut plateau. Les coléoptères vont faire leur vie, grandir et se reproduire dans un espace dédié. Leurs œufs passent alors dans le bac du dessous.  

Les œufs deviennent des larves appelées vers de farine, passant de plateau en plateau grâce à des grilles, dans un microclimat contrôlé. «Ce processus se poursuit pour chaque phase de la vie des vers de farine, grâce à un système de vibrateurs, de capteurs et de leviers manuels pour déplacer les insectes d’un plateau à l’autre», précise Quartz.

Bien pratique: les vers sont nourris avec les déchets végétaux de cuisine, comme par exemple des épluchures. Quand ils sont matures, avec une taille d’environ 3 centimètres, les petits vers sont «récoltés». On peut produire de 200 à 500 grammes par semaine, selon la vidéo de présentation. Certains, transformés en chrysalides, serviront à réactiver le processus à l’infini. Après un passage au congélateur, ils peuvent être «frits, cuits, bouillis ou broyés en poudre».

«Protéines de haute qualité»

Katharina Unger explique à Quartz:

«Je voulais créer un moyen pour que les gens développent de manière indépendante leur propre source de protéines, en utilisant un minimum d’espace dans leur maison. J’ai grandi dans une ferme avec des vaches et d’autres animaux. Mais élever des insectes nécessite moins d’espace et c’est plus propre que l’élevage d’animaux».

Comme le souligne Quartz, la plupart des entreprises travaillant sur ce sujet des insectes comestibles veulent «déguiser les insectes en aliments normaux», en faisant par exemple de la farine de criquets. Ce n’est pas le cas de Livin Farms… «Nous visons les clients qui veulent vraiment savoir ce qu’ils mangent. Ils veulent être indépendants et avoir des nutriments et des protéines de haute qualité » dit Katharina Unger. Les derniers tests sont en cours et la production sera réellement lancée en septembre et octobre, afin de livrer les clients en novembre.

Est-ce que c’est bon? Les vers frits ressemblent aux crevettes séchées, que ce soit au niveau de la texture et du goût. D’après le journaliste de Quartz, «lorsque l’on mâche, la saveur de fruits de mer devient plus prononcée. Une subtile amertume, avec un goût de noisette, émerge».

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