Monde

Comment l'Arabie saoudite tente de déradicaliser ses djihadistes

Repéré par Boris Bastide, mis à jour le 10.04.2016 à 18 h 05

Repéré sur New York Times

Le pays a mis un place tout un programme visant à les réintégrer dans la société.

En 2011, un membre de l'unité terroriste devant le portrait de feu le roi Abdallah I FAYEZ NURELDINE / AFP

En 2011, un membre de l'unité terroriste devant le portrait de feu le roi Abdallah I FAYEZ NURELDINE / AFP

«La prison ne sert pas simplement à punir quelqu'un puis à le laisser sortir. Ce serait dangereux pour lui comme pour la société. Si il sort et qu'il se sent bien avec lui-même, sa famille et la collectivité, alors c'est mieux.»

L'homme qui donne au New York Times le nom d'emprut d'Abu Nawa tente de résumer au New York Times la philosophie carcérale de l'Arabie saoudite. Lui-même tient un poste haut placé à la prison al-Ha’ir, un des cinq établissements du pays chargé d'accuellir plus de 5.000 prisonniers liés à des affaires terroristes. Et notamment de tous ceux partis faire le djihad dans pays voisins pour le compte d'al-Qaida.

Pour s'assurer de leur déradicalisation, plusieurs mesures ont été mises en place. À commencer par l'accès à des cellules familiales pour tous ceux qui font preuve d'un comportement conciliant. Celles-ci leur permet au djihadiste repenti de bénéficier de meilleurs repas, d'un lit king size et d'une grande télé. Ils peuvent alors y retrouver leur femmes dans un contexte privilégié, les détenus ordinaires n'ayant droit qu'à une visite mensuelle par épouse.

Les nouveaux arrivants doivent obligatoirement rencontrer un psychologque qui tente de comprendre les ressorts de leur radicalisation. Plus tard, un religieux tente de les ramener dans le droit chemin en expliquant qu'un fidèle ne peut prendre part un djihad qui n'ait pas été décrété par les autorités officielles. Il est aussi argumenté que quelque soit le ressentiment qui peut exister à l'égard des chiites, celui-ci ne doit en aucun cas déboucher sur des actes de violences.

D'après les autorités, le taux de récidive est assez faible, mais aucune statistique existe pour corroborer le propos. Le New York Times rappelle que le comité international de la Croix-Rouge n'est pas présent dans le pays et que les associations de défense des droits de l'homme sont rarement autorisées. En août dernier, Yousef al-Sulaiman, passé par toutes ces étapes de réhabilitation deux années plus tôt, se fait exploser dans une mosquée du pays tuant au moins quinze personnes.

«Ici, nous traitons une maladie idéologique, explique un psychologue. Comme quand un enfant tombe malade puis se rétablit, il arrive que le mal revienne plus tard.»

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