Allemagne

Cet Allemand est fin prêt pour la fin du monde

Repéré par Annabelle Georgen, mis à jour le 11.04.2016 à 10 h 19

Repéré sur Die Welt, BBK

Le journal Die Welt a rencontré un survivaliste paré à divers types de catastrophes.

Imaginez que les centrales nucléaires d'un pays soient paralysées par une attaque informatique, que tout le réseau d'eau potable d'une ville se retrouve contaminé par des substances chimiques mortelles ou qu'une épidémie éradique la population... Si ces scénarios apocalyptiques vous semblent exagérés et être le produit d'un esprit paranoïaque, c'est sans doute que vous n'êtes pas un «survivaliste» ou un «prepper». 

Dérivé du verbe anglais «to prepare», ce terme désigne ceux qui sont bien «préparés» face aux catastrophes potentielles. Apparu au siècle dernier aux États-Unis, le mouvement survivaliste a de plus en plus d'adeptes à travers le monde. Le quotidien allemand Die Welt en a rencontré un, Bastian Blum, le président de la Prepper Gemeinschaft Deutschland (PGD), une organisation qui regroupe des citoyens allemands vivant dans l'angoisse d'une catastrophe et qui font donc en sorte de maximiser leurs chances de survie si jamais le pire arrivait.

Ce père de famille de 37 ans, chargé de la sécurité des systèmes informatiques dans une entreprise de construction et pompier volontaire, se consacre environ 20 heures par semaine à sa drôle de passion, qu'il décrit comme «un hobby qu'[il prend] au sérieux». C'est la crise bancaire de 2008 qui l'a décidé à rejoindre la communauté des survivalistes. Cet habitant de Krefeld, une petite ville de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, a identifié trois dangers potentiels dans la zone où il vit:

«Un accident chimique, une vaste coupure d'électricité et une catastrophe naturelle qui pourrait être provoquée par le réchauffement climatique.»

Filtres à eau et combinaisons

Pour parer à ces éventualités, Bastian Blum a donc transformé sa cave en bunker pouvant assurer la survie de sa famille pendant plusieurs jours en cas de catastrophe. Il a autorisé Die Welt à la visiter, ce alors que de nombreux survivalistes opèrent dans le plus grand secret, de peur qu'une fois que la catastrophe tant redoutée se sera produite, leur cache ne devienne la cible des pilleurs:

«Bastian Blum montre ses filtres à eau, qui peuvent filtrer jusqu'à 40.000 litres. Dans un coin, deux piles de couvertures marron de “qualité supérieur s'élèvent jusqu'au plafond. Il a également à disposition une combinaison de protection en zone contaminée au cas où la catastrophe serait plus grave qu'attendu. Des pansements, des médicaments et des bougies sont prêts à l'emploi ainsi qu'une grande quantité de farine de blé et d'aliments secs. […] Bastian Blum descend régulièrement à la cave et vérifie le matériel et les dates de péremption.»

Par crainte de passer pour des hurluberlus ou des adeptes de la théorie du complot, plusieurs sites internet allemands dédiés aux techniques de survie font référence aux recommandations du BBK, l'Office fédéral pour la protection des populations et l’assistance en cas de catastrophes, une autorité placée sous la tutelle du ministère allemand de l’Intérieur. Dans une brochure éditée en 2013, le BBK conseille le plus sérieusement du monde aux citoyens allemands de stocker des denrées et de l'eau:

«Votre objectif doit être de survivre quatorze jours sans pouvoir aller faire les courses.»

Toujours selon cette brochure, chaque citoyen devrait avoir exactement chez soi 3,6 kilos de fruits et de noix, 5,6 de légumes et de légumineuses et 28 litres d'eau. De quoi donner du grain à moudre aux «prepper» les plus fervents et semer les doutes chez les plus insouciants.

 

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