Culture

VIDÉO. «Rogue One» trailer: ceci n’est pas une bande-annonce de «Star Wars»

Vincent Manilève, mis à jour le 07.04.2016 à 19 h 03

Le film censé narrer ce qui se passe juste avant la toute première trilogie «Star Wars» nous présente son teaser, et son lots de références qui va avec.

Capture d'écran extraite de la bande-annonce du film Rogue One: A Star Wars Story

Le clip vidéo n’a pas explosé les compteurs de YouTube comme l’avait fait Star Wars VII avant lui. Mais la première bande annonce de Rogue One: A Star Wars Story était très attendue pour une bonne raison: elle doit raconter comment l’Alliance rebelle a récupéré les plans qui permettront de détruire l’infâme Étoile noire dans l'épisode IV sorti en 1977: Un nouvel espoir.

Après plusieurs visionnages, quelque chose m'interpelle: une sensation de déjà vu, que tel plan, tel décor, tel personnage, existent déjà quelque part dans le merveilleux monde des blockbusters hollywoodiens, mais ailleurs que dans la galaxie Star Wars.

Les premiers plans nous présentent une héroïne «rebelle», accusée de différents forfaits. On reconnaît l’ambiance de l’univers Star Wars, avec les habits, le personnage de Mon Mothma déjà présent dans la première trilogie, les écrans translucides, les vaisseaux, l'Étoile noire… Les clins d’œil sont là, tout va bien.

Les casques blancs moches, parfait.

Mon Mothma est dans la place.

Et là, au détour d’un plan, Carrie Mathison, l’héroïne de Homeland, surgit et terrasse plusieurs ennemis dans les ruelles d’une ville orientale. Évidemment, l’actrice n’est pas Claire Danes en prise avec des ennemis de l’Amérique. Il s’agit de Felicity Jones, qui joue la rebelle Jyn Erso, en train de mettre à mal plusieurs Stormtroopers. Mais comme certains l’ont fait remarquer sur Twitter, en voyant le décor et le personnage portant un foulard, difficile de ne pas repenser à la série américaine.

 

              Carrie Mathison dans la série Homeland

Si vous préférez, on peut mentionner Maggie Gyllenhaal et son rôle dans la série The Honorable Woman.

Maggie Gyllenhaal dans The Honorable Woman.

Même chose quand j’aperçois Forest Whitaker. Son épaisse armure m’évoque immédiatement des jeux vidéo comme Gears of Wars

Vient ensuite un superbe plan de la ligne de métro 14, station de Châtelet. À moins qu’il ne s’agisse d’un plan des décors métalliques Divergente, film futuriste où, là aussi, de jeunes gens décident de se rebeller contre l’ordre établi et les castes...


Heureusement, dans le plan suivant, voici enfin un sabre-laser! Ou pas: il s’agit en fait d’un personnage maniant une lance face à une ribambelle de soldats en uniforme. Il est intéressant de noter ici qu’il s’agit de l’acteur Donnie Yen, star des films d’arts martiaux à Hong Kong et vedette de films comme la saga des Ip Man. Cette fois-ci, la référence est moins choquante puisque George Lucas s’est inspiré pour Star Wars des films de samouraï d’Akira Kurosawa.

En revanche, l’ultime plan semble un flagrant appel du pied aux fans de la saga Hunger Games, où Jennifer Lawrence interprète Katniss Everdeen, jeune paysanne devenue symbole de la rébellion du peuple. Les deux héroïnes, brunes, les cheveux attachés, arborent une tenue de combat sombre et des armes qu’elles portent dans le dos…

Cette première bande-annonce de Rogue One ressemble à un bouillon où viennent s'agglutiner une multitude de références gratuites. Mais il est fort possible que mon œil, quotidiennement inondé de bandes-annonces, de clips, de références, ait cédé au tout méta, ce monde ou chaque élément de création culturelle populaire est un élément parmi d’autres, chacun étant censé répondre à l'écho de l'autre. On l'a vu, le scénario où une jeune fille effrontée va aider un peuple à renverser le pouvoir n'a rien de neuf... 

Difficile aussi de savoir si c'est l'univers Star Wars, presque quadragénaire, qui a inspiré tous les produits culturels dont on a parlé ci-desssus, ou l'inverse. Après tout, en rachetant et en relançant la franchise Star Wars, Disney avait tout intérêt à s'inspirer des ces quadrilogie inspirées de livres pour ados qui ont tant cartonné sur le grand écran. 

Références, inspirations,... cette bande-annonce en dit encore trop peu sur ce que sera le film. Mais dans notre société de recyclage permanent, il n'est pas impossible que ce Rogue One finisse, lors de sa sortie en salle le 14 décembre prochain, de paraître très familier aux yeux des spectateurs, et pas seulement parce qu'il s'inscrit dans l'univers Star Wars. Si l'on veut se rassurer, on peut dire que ce n'est peut-être pas une mauvaise nouvelle: le premier Star Wars est un film méta, bourré d'inspirations extérieures. À son époque, Lucas s'était inspiré, en plus de Kurosawa, des grands films de cow-boys, de 2001, l'odyssée de l'espace de Stanley Kubrick ou encore de Metropolis de Fritz Lang... 

Vincent Manilève
Vincent Manilève (353 articles)
Journaliste
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