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#IndieAmnesty: replongez sans honte dans la musique de votre adolescence

Repéré par Alexis Patri, mis à jour le 08.04.2016 à 9 h 54

Repéré sur Nylon.com

Sur Twitter, les jeunes adultes britanniques, américains et français sont en pleine nostalgie de leur adolescence.

Les rockers de la génération Y partagent sur Twitter leurs plaisirs coupables passés | Palliativo via Flickr CC License by

Les rockers de la génération Y partagent sur Twitter leurs plaisirs coupables passés | Palliativo via Flickr CC License by

Il vous suffit d’écouter un titre des Libertines, des Rakes ou des Arctics Monkeys pour avoir la soudaine impression d’avoir à nouveau 15 ans ? Vous n’êtes pas seuls et vous allez adorer la suite. Comme l’a remarqué le site américain Nylon.com, les twittos anglo-saxons s’enflamment pour le très drôle hashtag #IndieAmnesty, par lequel ceux qui étaient au collège et au lycée dans les années 2000 demandent pardon pour certains de leurs goûts musicaux et leurs comportements de fans parfois un peu attardés.

Si chacun se cherche à l’adolescence, il faut tout de même souligner que les années 2000 étaient particulièrement gratinées en matière de style. Entre l’influence encore présente du grunge des années 1990 (merci les grands frères et sœurs qui nous ont parlé jusqu’à l’épuisement de Kurt Cobain), le mouvement émo et les baggys, la matière à honte vestimentaire était riche. Rappelons qu’à cette époque Johnny Borrell, le chanteur de Razorlight, portait des slims blancs. Des slims blancs. Les twittos se sont donc joyeusement rappelé leurs pires tenues d’adolescents. 

 

«Je portais les gilets de mon grand-père pour recréer le style de Kurt Cobain au MTV Unplugged.»

 

«J’ai été renvoyée de l’école parce que j’avais teint mes cheveux comme Miki Berenyi de Lush.»

Et les confessions des anciens adolescents deviennent encore plus drôles quand ils se souviennent de ce que leur condition de fan les a poussés à faire:

 

«Ma chambre de résidence universitaire, c’était pas rien. Combien de groupes aujourd’hui disparus sauras-tu retrouver?» 

 

«Je m’abîmais les pieds parce que les Converse sont trop étroites pour moi mais que je les portais quand même pour avoir un style indie (et je le fais encore aujourd’hui).»

 

«Je me suis jetée sur un panneau publicitaire vitré pour voler le poster de Pulp qui était à l’intérieur.»

BO d’une adolescence

Au départ lancé pour rappeler à notre bon souvenir des groupes honteux, #IndieAmnesty a rapidement démontré que les années 2000 ont foisonné de petits groupes de rock géniaux. Au point que Spotify UK a créé une playlist en leur honneur.

Le mythique journal britannique NME titrait alors presque chaque semaine sur le groupe qui allait devenir les nouveaux Clash ou Rolling Stones. En portant aux nues un groupe différent à chaque fois. Les labels indépendants s’étaient engagés dans une course aux talents et produisaient des jeunes gens devenus depuis des stars du rock: Franz Ferdinand et les Arctic Monkeys (Domino Records), Bloc Party et les Yeah Yeah Yeahs (Wichita Records) ou encore les Libertines (Rough Trade), pour ne citer qu’eux.

 

«Le festival de Leeds a annoncé un concert des Kaiser Chiefs sous une tente vide à côté de moi. Mille personnes s’y sont précipitées. J’ai couru dans la direction opposée.»

 

«Je me suis évanoui à un concert des Dirty Pretty Things.»

 

«J’ai gâché mon plus beau jean en y écrivant THE VINES au marqueur et j’ai gardé pendant des mois un gobelet en plastique dans lequel Craig Nicholls avait bu.»

C’est donc cette belle période que les passionaria de #IndieAmnesty tentent de faire revivre, celle que le Guardian nomme «la dernière avant l’arrivée des réseaux sociaux», dont il exclut MySpace, ce site qui —faut-il le rappeler— permettait à l’époque aux petits groupes de se faire connaître et à leurs fans d’être en lien direct avec eux. Car à cette époque les groupes répondaient souvent personnellement aux messages privés de leur public. Cela ressemble aujourd’hui à de la science fiction, mais c’était bel et bien le cas. 

En cachette

En France, les twittos diffusent eux aussi leurs groupes de jeunesse car le retour du rock à guitares a frappé l’Hexagone dès 2001 avec les premiers albums des Strokes et des Libertines. Les jeunes français amateurs de rock pouvaient à l’époque en écouter sur une radio publique: Le Mouv’. À l’image du NME, la station jeune de Radio France a depuis basculé dans une ligne éditoriale très différente mais, dans les années 2000, elle a joué un rôle central pour faire connaître en France les nouvelles scènes britanniques, américaines et françaises.

Parmi ses émissions, il y avait surtout celle que l’on écoutait en cachette sous l’oreiller quand nos parents croyaient que nous étions couchés: «Les filles du Mouv’». Animée par Émilie Mazoyer, la libre antenne au départ créée pour les adolescentes a vite séduit les deux genres grâce à son ton léger, ses sujets parfois très sérieux et sa programmation musicale indiscutable: Les Strokes et les Libertines étaient souvent on air tout comme les Long Blondes et le Spinto Band

Autour de cette émission et des groupes valorisées par #IndieAmnesty, le sentiment de communauté adolescente était très fort. Les auditeurs des «Filles du Mouv’», qui s’étaient renommés «les émouvus», avaient leur propre skyblog (une autre source d’archives honteuses pour les 20-25 ans) et un forum grâce auxquels ils organisaient de grandes rencontres partout en France pour discuter musique et traîner ensemble dans les squares et les skateparks. Ça y est, je suis nostalgique. 

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