Culture

Vos rêves parlent de vous et aussi de l’époque dans laquelle vous vivez

Temps de lecture : 2 min

Les rêves marquants, dont on se souvient à vie, sont de véritables miroirs de votre époque et de votre personnalité.

Le Rêve du chevalier | Antonio de Pereda / Google Cultural Institute via Wikimedia Commons (Domaine public)
Le Rêve du chevalier | Antonio de Pereda / Google Cultural Institute via Wikimedia Commons (Domaine public)

Il y a ces rêves qu’on oublie quasi instantanément après s’être réveillé et d’autres, plus rares, qui restent figés dans notre esprit non seulement au sortir de la nuit mais parfois à vie. Agréables ou cauchemardesques, ils paraissent tellement réels qu’on les confondrait presque avec la réalité. Ce sont ces «big dreams», ces «grands rêves», que Kelly Bulkeley, directeur du Sleep and Dream Database, étudie.

Très précis, ils permettent de donner des indices sur la vie, notamment émotionnelle, que le rêveur mène mais aussi sur son époque et sa culture. Dans une longue interview accordée à The Atlantic, Bulkeley les classe en quatre catégories:

  • les rêves «agressifs», durant lesquels on se fait attaquer par quelqu’un ou quelque chose, qui révèlent une personnalité à tendance antisociale;
  • les rêves «sexuels», qui pointent là une tendance on ne peut plus sociale;
  • les rêves «gravitationnels», durant lesquels nous avons tendance à ressentir la pesanteur, au sens propre ou figuré, soit en tombant, soit en étant perdu ou en ratant un examen par exemple;
  • les rêves «mystiques», où la beauté, la structure et la sérénité règnent grâce une altération des lois qui nous entourent habituellement, ce qui nous permet par exemple de voler.

Des apparitions divines à Superman

Ces rêves sont donc liés à nos émotions mais aussi, souligne-t-il, à la culture dans laquelle nous baignons. Dans l’Antiquité, les Grecs rêvaient d’apparitions divines; on a aujourd’hui davantage tendance à rêver de figures telles que Superman ou d’autres stars du petit écran. Des références à des films ou à des œuvres d’art, notamment littéraires, qui appartiennent à la culture du rêveur peuvent ainsi s’infiltrer dans ses songes. Ce rapport entre la culture et le rêve joue dans les deux sens, explique Bulkeley:

«Il y a de nombreux cas de personnes qui ont créé une culture en s’inspirant de leurs rêves. Ainsi, le rêve se nourrit de la culture et inversement.»

Reste encore cette éternelle question, que Bulkeley continuera à se poser de longues années: «Qu’est-ce qui s’active, lors du processus de rêve, et génère ces expériences visuelles extraordinaires?» La question reste ouverte.

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