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Le smartphone bouleverse complètement notre rapport à la photo

Repéré par Léo Roynette, mis à jour le 06.04.2016 à 15 h 28

Repéré sur The New Yorker

Désormais, une photo existe si elle est partagée.

Les scientifiques Bill Nye et Neil deGrasse Tyson font un selfie avec Barack Obama | The White House via Wikimedia Commons (Domaine public)

Les scientifiques Bill Nye et Neil deGrasse Tyson font un selfie avec Barack Obama | The White House via Wikimedia Commons (Domaine public)

Pour les amateurs de photos, l'annonce a eu l’effet d’une bombe. Le service de plug-ins destiné à la retouche Google Nik Collection devient gratuit. Jusqu’alors, il fallait débourser 150 dollars pour en faire l'acquisition. Ce logiciel de grande qualité, très apprécié des photographes, facilite un rendu proche de ce que peuvent obtenir des professionnels, rapporte The New Yorker.

Pour le journaliste Om Malik, il s’agit pour Google d'abandonner officieusement Nik Collection, très axé sur le desktop. En le rendant gratuit, le géant américain n'a plus à faire de mises à jour ni à s’encombrer des relations publiques qu’il aurait alors eu à gérer, comme lors de la fermeture de Google Reader, le lecteur de flux RSS. De cette manière, l'entreprise se concentrerait à l’objectif à plus long terme de développer des logiciels de retouche photo pour smartphone, tels que Snapseed.

«Esthétique sociale et collaborative»

Google entérine ainsi le fait que la relation que nous entretenons avec nos photos et les images en général est en train de changer. Prendre un cliché ou un selfie n’a jamais été aussi facile grâce à nos smartphones. Peter Neubauer, cofondateur de la base de donnée suédoise Neo Technology, parle, lui, d’un passage de «l’esthétique individuelle de l’artiste» à «l’esthétique sociale et collaborative de services tels que Facebook ou Instagram». Il explique:

«La création de valeur réelle viendra en brodant les photos les unes aux autres, de manière à créer un tissu, réalisé en extrayant des données individuelles et en proposant un contenu cumulatif nouveau. Nous associons des images à des tweets ou des messages, comme un point qui vient clore une phrase. Cela améliore notre communication d’une toute nouvelle manière.»

Ce n’est donc pas tant la photo en tant que telle qui comptera, mais son existence dans un flux, en association à une forme de conversation, ou à d'autres. Facebook l'a bien compris, à travers ses «souvenirs» qui tentent de recréer un effet d'écho avec des clichés postés quelques années plus tôt ou ses «récapitulatifs», ces albums créés par un algorithme qui tente d'agréger les images les plus marquantes pour vous. Non pas pour que vous puissiez simplement en jouir à titre privé, mais pour que vous les partagiez et qu'elles s'inscrivent ainsi dans le fil de vos amis.

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