Monde

À 9 ans, une journaliste en herbe enquête sur un crime et sort un scoop

Temps de lecture : 2 min

Hilde Kate Lysiak a même devancé la presse locale.

Capture d'écran d'une vidéo YouTube d'Orange Street News
Capture d'écran d'une vidéo YouTube d'Orange Street News

Un samedi, en tout début d’après-midi, la journaliste Hilde Kate Lysiak apprend qu’il y a une forte présence policière près de chez elle. Comme tout bon reporter, elle décide d’y aller avec son stylo, son carnet et sa caméra. De retour à son domicile, elle publie immédiatement un article intitulé «EXCLUSIF: MEURTRE SUR LA NEUVIÈME RUE!» sur son site personnel Orange Street News. Comme l’a repéré le site Reader, l’article va faire mieux que les médias locaux puisqu’une vidéo de la scène de crime a même été publiée très rapidement. Et c’est là que l’on réalise que la journaliste en question est une enfant de 9 ans à peine.

Le Washington Post indique que la jeune fille a lancé ce site depuis sa ville de Selinsgrove en Pennsylvanie. Ceci expliquant peut-être cela, «son père est auteur et un ancien journaliste au New York Daily News qui emmenait sa fille dans la salle de rédaction ou lors d’enquêtes qu’il couvrait autour de New York pour lui apprendre à courir après les informations». «J’aime juste faire en sorte que les gens aient toutes les informations, a expliqué Hilde au journal. C’est ce que je veux vraiment faire. Et le crime est clairement mon sujet favori.»

«Déchet sensationnaliste»

Sauf que tout le monde n’a pas aimé sa façon de jouer à l’apprentie journaliste. Peu après l’a publication de l’article, ses pages YouTube et Facebook ont été inondées de messages négatifs et comme l’a relevé le Guardian, l’ancien maire de Selinsgrove a qualifié l’histoire de «déchet sensationnaliste». D’autres lui ont demandé de retourner «jouer avec des poupées» ou à la dînette. Plusieurs internautes ont aussi remis en cause le rôle de ses parents, qui la laisse s’intéresser à des sujets aussi morbides.

Des attaques qui ont poussé Hilde à publier une vidéo de réponse pour se défendre. Elle s’est inspirée des «mean tweets» de Jimmy Kimmel en lisant les commentaires négatifs qu’elle a reçus à voix haute et en y répondant directement. Arborant un badge «J’aime la liberté d’expression», elle explique avoir «travaillé très dur» sur le sujet et qu’elle regrette qu’on lui demande d’arrêter de faire ce dont elle a envie.

«Cela me met un peu en colère, ce n’est pas parce que j’ai 9 ans que je ne peux pas faire une super histoire. Cela ne veut pas dire que je ne peux pas être journaliste. Je sais que cela met mal à l’aise certains d’entre vous, et je sais que certains d’entre vous aimeraient que je m’assoie et que je reste calme parce que j’ai 9 ans. Mais si vous voulez m’empêcher de couvrir les nouvelles, alors lâchez votre ordinateur et faites quelque chose pour couvrir les nouvelles. Voilà, est-ce que c’est assez mignon pour vous?»

De quoi rendre très fier son père, Matthe Lysiak et une partie des internautes qui la soutiennent et lui prédisent un bel avenir dans le métier. Elle a en tout cas déjà compris comment se vendre: quand on lui demande si elle a de nouvelles informations sur ce fameux crime qui lui a valu sa petite célébrité, elle a répondu qu’il faudrait attendre «le prochain numéro de Orange Street News».

Slate.fr

Newsletters

La vraie recette du populisme

La vraie recette du populisme

Lignes et esthétiques japonaises

Lignes et esthétiques japonaises

Entre 2004 et 2016, Emily Shur s'est rendue plus de quinze fois au Japon. «J'ai fait un effort conscient pour concentrer ma photographie uniquement sur l'expression de mon point de vue individuel, raconte la photographe. Je ne pense pas que mon...

Le voyage risqué de Macron en Russie

Le voyage risqué de Macron en Russie

Il importe qu’à Saint-Pétersbourg, plus encore qu’à Versailles il y a un an, Emmanuel Macron renforce son discours sans compromis vis-à-vis de Vladimir Poutine.

Newsletters