Monde

En recul dans le Wisconsin sur son électorat, Trump a-t-il perdu son élan?

Repéré par Claire Levenson, mis à jour le 06.04.2016 à 10 h 17

Repéré sur New York Times

Le candidat républicain a été battu par son rival Ted Cruz. Ses chances d'arriver à la convention avec une majorité de délégués s'amenuisent.

Donald Trump, dans le Wisconsin le 5 avril I SCOTT OLSON / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Donald Trump, dans le Wisconsin le 5 avril I SCOTT OLSON / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Donald Trump a perdu les primaires du Wisconsin mardi 5 avril avec 32% des voix, contre 51% pour Ted Cruz, le sénateur du Texas. Même avec une trentaine de délégués supplémentaires, Cruz reste loin derrière Trump qui a 737 délégués, et est donné gagnant dans plusieurs grands États à venir, notamment à New York le 19 avril. Ceci dit, il devient maintenant difficile pour Trump d'obtenir les 1.237 délégués nécessaires pour gagner l'investiture du parti avant la convention de Cleveland. Pour éviter une convention contestée, il faudrait en effet que Trump gagne environ 70% des délégués à venir.

Certains voient dans cette défaite le signe d'une perte d'élan de la campagne du milliardaire, notamment après les bourdes des semaines dernières: des déclarations confuses sur l'avortement, une dispute puérile avec Ted Cruz sur la beauté respective de leurs femmes, et la mise en examen de son directeur de campagne, qui a agrippé violemment une journaliste. Un éditorialiste du Washington Post annonçait la «fin de Trump».

Facteurs démographiques

Mais comme le rappelle Nate Cohn dans le New York Times, ces résultats s'expliquent surtout par la démographie électorale particulière de cet État du Midwest. Dans le Wisconsin, les électeurs républicains sont plus religieux et plus éduqués que la moyenne. Or, les statistiques montrent que le meilleur prédicteur qu'un comté va voter pour Trump est le fort taux de blancs qui n'ont pas fini le lycée.

De même, Trump est en général moins populaire dans les régions où les électeurs se disent plus religieux. Les catholiques ont tendance à soutenir le milliardaire (c'est ce qui a rendu possible sa victoire dans le Massachusetts, par exemple) mais les protestants, beaucoup moins. Dans des États comme l'Utah, le Kansas et l'Iowa, où Trump a perdu, ce sont ces facteurs démographiques qui ont expliqué sa défaite. 

En règle générale, les républicains de ces États, qui ne sont pas fans de Trump, ont en commun d'avoir des ancêtres d'Europe du Nord. À l'inverse, les républicains catholiques avec des ancêtres irlandais et italiens ont tendance à soutenir le milliardaire. Et contrairement aux Républicains du Sud, ils sont moins réceptifs à la rhétorique raciale et xénophobe du magnat de l'immobilier.

Recul dans son électorat

Dans un État comme le Wisconsin, qui est connu pour la gentillesse de ses habitants –on parle de «Wisconsin nice»–, il y a également un aspect culturel à ce rejet de Trump. Selon les sondages de sortie des urnes, Trump a été moins populaire que d'habitude dans cet État, même auprès de sa base: les blancs qui n'ont pas de diplôme universitaire. 43% ont voté pour Cruz, contre 42% pour Trump, selon des estimations de CNN.


Dans le Wisconsin, des valeurs comme l'humilité et la simplicité sont valorisées, comme l'expliquait au New York Times Mike Gousha, un journaliste originaire de cet État:

«La plupart de nos élus ne sont pas outranciers et tape-à-l'oeil. C'est le problème avec quelqu'un comme Donald Trump dans le Wisconsin. Son style est tellement anti-Wisconsin».

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