Égalités / Sciences

Robot aux airs de Scarlett Johansson: on n'en a pas fini avec la femme-objet

Temps de lecture : 2 min

Un robot qui ressemble beaucoup à l’actrice montre que l'objectification des femmes n’est pas près de s’arrêter.

Capture d'écran d'une vidéo montrant le robot développé par Ricky Ma, à Hong Kong | Images Reuters
Capture d'écran d'une vidéo montrant le robot développé par Ricky Ma, à Hong Kong | Images Reuters

C’est fou ce que l’on peut faire avec la technologie. Les robots nous ressemblent de plus en plus, certains prennent une apparence humaine, ils vont nous piquer nos jobs, ou peut-être pas, les toucher stimule nos sens, au point que nous nous demandons si nous devons coucher avec eux.

Ce robot aux airs de Scarlett Johansson s’appelle Mark 1. C’est l’œuvre d’un homme de 42 ans vivant à Hong Kong, Ricky Ma. Il l’a construit en dix-huit mois pour un budget total de 50 000 dollars. Et, même si l’homme dément avoir voulu copier l’actrice, la ressemblance est confondante.

«Ce qui particulièrement perturbant concernant ce robot, c’est qu’une femme puisse être copiée sans son consentement», souligne le journaliste Chris Plante sur le site The Verge.

Flatté par les compliments sur son physique

Ce n’est pas le seul à s’interroger. À Wired, April Glaser note:

«Bien sûr que tout le monde reproduit les stars sous forme de poupées ou de statues de cire mais, la différence avec Mark 1, c’est qu’il bouge, il sourit et il fait des clins d’œil.»

Le robot Mark 1 n’est pas très évolué. Reste que son genre et ses réactions en disent long. Si l’on dit à ce robot féminin «Tu es belle», il sourit.

De plus en plus de technologies sont genrées, les assistants personnels tels que Siri (Apple) ou Cortana (Microsoft) ont des voix de femmes. La différence ici est que c’est un particulier qui a créé ce robot. Si les entreprises de robotique sont conseillées par des services juridiques, avec la démocratisation de l’impression 3D, de plus en plus de femmes pourraient voir leur image reproduite malgré elles. La technologie aurait ainsi littéralement permis l’objectification des femmes.

Ricky Ma explique qu’il a voulu faire ce robot pour réaliser un «rêve». Scarlett Johansson pourrait de son côté le poursuivre s’il gagnait de l’argent en commercialisant le robot, pointe Ryan Calo, un professeur de droit à l’université de Washington, interrogé par Wired. En 2012, elle n’avait pas hésité à poursuivre un hacker qui s’était introduit dans sa boîte e-mail.

Slate.fr

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