Science & santé

Le sacrifice humain était plus répandu dans les sociétés inégalitaires

Repéré par Jean-Laurent Cassely, mis à jour le 05.04.2016 à 17 h 05

Repéré sur Popular Science

Une comparaison effectuée sur quatre-vingt-treize sociétés traditionnelles témoigne de l’utilité du sacrifice humain pour maintenir l'ordre social.

Le navigateur James Cook assiste à un sacrifice humain à Taihiti, en 1773 | via Wikimedia Commons (domaine public)

Le navigateur James Cook assiste à un sacrifice humain à Taihiti, en 1773 | via Wikimedia Commons (domaine public)

Le sacrifice humain était pratiqué selon des modalités très variées (étranglement, crémation, enterrement vivant, décapitation, etc.) mais il a traversé les époques et les cultures. James Watts, psychologue à l’université d’Auckland, a voulu valider l’hypothèse selon laquelle le sacrifice humain servait à légitimer l’autorité politique et la structure hiérarchique des sociétés. Il a publié récemment dans Nature le résultat d’une étude comparative portant sur quatre-vingt-treize sociétés traditionnelles austronésiennes.

Cette aire culturelle s’étend de l’Asie du Sud-Est au nord à la Nouvelle-Zélande au sud, comprend les îles océaniques à l’exception de l’Australie et s’étend jusqu’à Madagascar. Le chercheur a divisé les sociétés traditionnelles en plusieurs groupes en fonction du degré d’égalité de leurs structures sociales. Sans surprise, le sacrifice humain était bien plus répandu au sein des sociétés organisées en systèmes de classes très rigides (dix-huit sur vingt-sept sociétés pratiquaient les sacrifices) que dans les sociétés les plus égalitaires (cinq sur vingt).

Le sacrifice était utilisé pour pérenniser un système inégalitaire déjà installé, conclut le chercheur. Ces rituels étaient souvent pratiqués par les élites sociales, composées de chefs politiques ou de dignitaires religieux, et visaient les membres des classes inférieures de la société comme les esclaves. L’efficacité de tels châtiments s’expliquait par le fait qu’ils étaient motivés par une instance supérieure, généralement d’ordre religieux ou surnaturel. «Les classes dirigeantes riches et puissantes utilisaient la peur et la religion pour maintenir les masses pauvres en bas de l’échelle», résume le site Popular Sciences.

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