Double XScience & santé

Il existe des cours pour apprendre aux hommes à exprimer leurs émotions

Repéré par Vincent Manilève, mis à jour le 05.04.2016 à 12 h 17

Repéré sur Men's Health, The New York Times

Le stéréotype de l’homme insensible a la peau dure.

Pas facile de surmonter le blocage émotionnel imposé aux hommes | bixentro via Flickr CC License by

Pas facile de surmonter le blocage émotionnel imposé aux hommes | bixentro via Flickr CC License by

Fin 2015, Michael et Sarah Bennett, un père et sa fille, sortent un livre au titre pour le moins marquant: Fuck Feelings, que l’on pourrait grossièrement traduire par «Nique les sentiments». Le but de leur ouvrage? Faire comprendre aux hommes que dévoiler ce qu’ils ressentent n’améliore que rarement une situation problématique au sein d’un couple. À l’époque, le site masculin Men’s Health en fait la promotion et titre son article de la manière la plus masculine qui soit, validant des milliers d’années de blocage émotionnel chez l’homme: «Pourquoi vous n’avez pas besoin de mieux exprimer vos émotions». Le tout entretenant l’image d’un homme poussé à transformer sa souffrance en colère pour conserver le masque de la virilité à toute épreuve.

Comment combattre ce refus de se livrer? Comment éduquer les nouvelles générations d’hommes à exprimer ce qu’ils ressentent? Sur le site du New York Times, Andrew Reiner, professeur d’écriture et de littérature à la Towson Université de Baltimore, raconte comment il en est venu à proposer un cours spécial intitulé «Les vrais hommes sourient: le visage changeant de la masculinit黫Malgré l’émergence de l’homme métrosexuel et des papas qui restent à la maison, les stéréotypes du mec dur résiste», écrit-il, avant d’ajouter plus loin dans le texte:

«Je voulais que ce cours explore ce qui fait la psyché humaine, la honte de ressentir de la tristesse, le désespoir ou une autre émotion forte différente de la colère…»

Éducation sentimentale

Pour expliquer ce refus sentimentaliste des hommes, il cite ainsi une étude de 2013 où il est avéré que ce comportement, après une période où les jeunes garçons sont plus sentimentalement expressifs que les filles, naît au moment de l’adolescence. Les garçons impliqués dans des activités artistiques ont de meilleures notes mais ces activités sont «souvent dénigrées et jugées non masculines par les garçons pré-adolescents et adolescents». Faire du théâtre est perçu comme honteux chez les garçons (rappelons-nous le cœur de l’histoire du film Le Cercle des poètes disparus).

Pour un jeune homme qui cherche ensuite à s’affirmer à l’université, il s’agit de ne surtout pas montrer que l’on souffre à qui que ce soit, et surtout pas à sa bande de potes. Et lors des relations amoureuses, cela pose problème parce que l’intimité et les sentiments sont les principaux moteurs du couple.

Toujours selon l’étude de 2013, les jeunes filles, à l’inverse, sont plus habituées à écrire et à montrer des capacités de sociabilité plus élevées, leur permettant de mieux partager ce qu’elles ressentent.

C’est pour cela qu’aux États-Unis des centres d’étude sur la masculinité ont été mis en place ces dernières années pour évoquer les problème sentimentaux de l’homme, que ce soit en famille, au travail ou avec des amis. Andrew Reiner, de son côté, aimerait pousser l’éducation aux sentiments encore plus loin en demandant la création de lieux dans les universités où les jeunes hommes pourraient venir confier ce qu’ils ont sur le cœur. Sans peur d’être jugés.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte