Science & santéMonde

Pourquoi des scientifiques veulent laisser la banquise encercler un bateau

Repéré par Grégor Brandy, mis à jour le 05.04.2016 à 11 h 10

Repéré sur Newsweek

Une équipe de quarante scientifiques va se laisser piéger par la banquise arctique pour mieux l’étudier.

Sampling Melt Ponds | NASA Goddard Space Flight Center via Flickr CC License by

Sampling Melt Ponds | NASA Goddard Space Flight Center via Flickr CC License by

Et si vous passiez un hiver entier dans l’Arctique? Si l’idée ne vous emballe pas trop (et on vous comprend), une équipe de scientifiques devrait la mettre en pratique en 2019, selon Newsweek.

Le Centre national de la neige et de la glace a annoncé en mars que l’étendue maximale de glace en Arctique avant le début de la fonte des neiges était de 20.000 kilomètres carrés de moins pendant l’hiver 2015-2016 que lors du précédent record établi en 2015. Mais, comme le précise le magazine américain, «on ne sait pas vraiment comment ces changements ont lieu. En partie parce que les voyages de recherche ne peuvent être réalisés qu’en été, quand les eaux sont navigables et les températures supportables. Mais ces longs et sombres jours d’hiver, quand le temps est capricieux, que les températures peuvent atteindre les -45 degrés, et que l’immense banquise peut rendre la navigation dangereuse sont les exactes raisons pour lesquelles Matthew Shupe veut y aller».

Le but de la mission de son équipe sera donc de se rendre en été en bateau dans l’Arctique, puis d’attendre que l’eau gèle et que la banquise apparaisse autour du bateau, détaille Newsweek:

«Ils espèrent pouvoir collecter un ensemble de données qu’il serait impossible de récupérer ailleurs que dans cette glace.»

Rôle des nuages

Le Guardian indique que ce sont au total quarante scientifiques américains, allemands et russes qui devraient prendre part à ce projet de recherche de 60 millions de dollars, en octobre 2019. Cette aventure débutera à Laptev, en Sibérie, et permettra aux chercheurs de passer de la formation de la banquise en automne, «à la fonte des glaces au début de l’été en passant par l’obscurité la plus totale pendant l’hiver».

Parmi les réponses qu’ils espèrent obtenir, Matthew Shupe indique à Newsweek qu’ils aimeraient en savoir plus sur le rôle des nuages (qui empêchent la banquise de fondre en la protégeant du soleil ou la font fondre en empêchant la chaleur de s’évacuer?), celui des aérosols présents dans l’atmosphère ou de l’activité biologique qui se déroule lors de l’hiver:

«Si la banquise est plus mince, est-ce qu’elle se fissure de la même façon, est-ce qu’elle bouge de la même façon, est-ce qu’elle transfère plus de chaleur dans l’océan?»

Ce n’est pas la première fois qu’une équipe de scientifiques va laisser un bateau geler dans l’Arctique. La BBC indiquait en mai 2015 qu’une équipe norvégienne en faisait de même mais Newsweek précise que ce sera la plus grosse mission à effectuer ce travail à ce jour.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte