Monde

Nome, future porte d'entrée de l'Eldorado polaire

Temps de lecture : 2 min

Les 9300 habitants de la ville de Nome, à la pointe de l'Alaska, n'ont pas l'habitude de recevoir beaucoup de visiteurs. Les 800 kilomètres de piste depuis Anchorage, la capitale de l'Etat, et les eaux glaciales de la Mer de Bering découragent les vacanciers.

Mais l'isolement de Nome pourrait bien être rompu: cet été le World, un bateau de croisière luxueux de 200 mètres de long a fait une escale de deux jours dans le petit port de la ville, du jamais vu d'après Mitch Erickson, le directeur de la chambre de commerce. «J'imagine qu'ils ont été partout ailleurs et maintenant ils visitent des endroits que la plupart des gens n'ont pas encore vu», explique-t-il.

La fonte des glaces est en train d'ouvrir des routes maritimes inédites à travers l'Arctique: les mythiques passages du Nord-Est et du Nord-Ouest s'ouvrent chaque jour un peu plus. Tandis que les bateaux de recherche scientifique mettent le cap au nord, les navires d'exploration pétrolière et gazière se multiplient dans la région, attirés par les immenses réserves de l'Arctique. Ils parlent même d'utiliser Nome comme base dans le futur.

Consciente de son nouveau potentiel, la ville a investi 90 millions pour rénover son port afin d'accueillir de plus grands bâtiments. Mais elle a déjà une concurrente: Kotzebue, plus au nord, qui veut construire son propre port en eaux profondes à l'extérieur de la ville.

L'engouement suscité inquiète en revanche les écologistes, qui s'interrogent sur la manière de protéger l'écosystème fragile et mal connu du pôle Nord.

«Nous ne pouvons plus partir du principe que l'Arctique est une barrière impénétrable», confirme le gouverneur de l'Alaska Sean Parnell. La question est d'autant plus préoccupante qu'il n'existe pas de règles internationales définies pour la circulation maritime dans l'Arctique.

«Il y a aujourd'hui de l'eau là où n'y en avait pas par le passé, et nous en sommes responsables», raconte Thad Allen, commandant des gardes-côtes de Nome. «La vraie question, c'est quelle présence et quelle capacité d'opérations nous voulons avoir dans ces endroits?»

Enfin, les pétroliers ne sont pas les seuls à regarder vers le Nord avec convoitise: les grandes compagnies minières sont sur les rangs. Le Conseil de l'Arctique estime que la demande croissante en minéraux joue un rôle plus grand encore que le réchauffement climatique dans l'ouverture de nouvelles routes maritimes. Minerai de fer, Zinc, Nickel, autant de minéraux présents en abondance dans les sous-sols glacés du grand nord. Certains gisements sont encore inaccessibles, mais plus pour très longtemps...

[Lire l'article complet sur le Los Angleles Times]

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Image de une: Bering sea sunset II, par jomilo75 via Flickr

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