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Les préjugés des médecins blancs peuvent jouer sur les soins procurés aux noirs

Repéré par Claire Levenson, mis à jour le 05.04.2016 à 11 h 33

Repéré sur Los Angeles Times, Washington Post

Une étude souligne une corrélation entre préjugés raciaux et évaluation de la douleur du patient.

Une infirmière prend la tension d’une patiente le 10 juillet 2012 à Los Angeles, en Californie (image d’illustration) | DAVID MCNEW/GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP

Une infirmière prend la tension d’une patiente le 10 juillet 2012 à Los Angeles, en Californie (image d’illustration) | DAVID MCNEW/GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP

Aux États-Unis, plusieurs études ont montré qu’à diagnostic égal les patients noirs recevaient moins souvent de médicaments antidouleurs que les blancs, ainsi que des doses moins fortes. Par exemple, selon une étude de 2000 sur les urgences d’un hôpital d’Atlanta, 74% des patients blancs recevaient des antidouleurs en cas de fracture des os, contre 50% des noirs. Un article publié dans Proceedings of the National Academy of Sciences montre que cette divergence de traitement est liée à certains préjugés sur les noirs. 

Des chercheurs en psychologie sociale à l’University of Virginia ont donné un questionnaire à 222 étudiants et internes en médecine, qui étaient censés dire si quinze différences physiologiques entre blancs et noirs étaient vraies ou fausses, rapporte le Los Angeles Times.

Entre autres, 58% des apprentis médecins pensaient que la peau des noirs était plus épaisse que celle des blancs, 39% pensaient que le sang des noirs coagulait plus vite que celui des blancs et 20% pensaient que les nerfs des noirs étaient moins sensibles que ceux des blancs, alors qu’aucune de ces différences n’est réelle.

Perception de la douleur

L’équipe de chercheurs a ensuite donné à ces étudiants deux études de cas médicaux, une avec un hypothétique patient noir et l’autre avec un patient blanc. À partir de la description de certains symptômes, les étudiants devaient évaluer le niveau de douleur du patient et recommander un traitement.

Il s’est avéré que les étudiants qui avaient le plus de fausses croyances sur les différences physiologiques raciales avaient plus tendance à penser que la douleur du patient blanc était plus intense que celle du patient noir. Les étudiants qui avaient plus de préjugés avaient aussi plus tendance à sous-estimer la quantité d’antidouleurs nécessaires, lorsqu’il s’agissait d’un patient noir.

«Il semble que les préjugés raciaux dans la perception de la douleur ont des conséquences pernicieuses en matière de recommandation de traitement pour les patients noirs», écrivent les auteurs de l’article.

L’étude ne prouve pas une relation directe de cause à effet entre préjugé et divergence de traitement mais fait état d’une corrélation qui semble indiquer que ces croyances ont bien un effet sur le diagnostic.

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