Santé / Sciences

Des congés maternité plus longs font des enfants en meilleure santé

Temps de lecture : 2 min

Dans les pays pauvres, un congé maternité rémunéré permet de réduire la mortalité infantile.

Des femmes et leurs enfants dans un centre de santé à Bolemba, en Centrafrique, en 2008 (image d’illustration) | Pierre Holtz/Unicef via hdptcar via Flickr CC License by

Dans les pays pauvres –dits «à faible et moyen revenu» selon les classifications de la Banque mondiale et de l’OMS–, chaque mois supplémentaire de congé maternité permet de faire baisser de 13% la mortalité infantile. L’étude qui a permis d’arriver à cette conclusion, publiée en avril dans la revue PloS Medicine, est la première à étudier l’impact du congé maternité sur la mortalité infantile dans les pays les moins développés du monde. Une corrélation similaire a été observée dans des recherches antérieures, menées dans des pays «à haut revenu». En France, le congé maternité est entré dans la loi depuis 1909 et dure aujourd’hui un minimum de seize semaines.

«Un nombre significatif de pays où survient la majorité des décès maternels et infantiles offrent moins de douze semaines de congé payé aux nouvelles mères», explique Arijit Nandi, l’auteur principal de l’étude. «Les législations sanctionnant un congé maternité rémunéré sont un instrument capable de réduire la mortalité infantile évitable, même dans des pays où les femmes sont moins susceptibles de travailler dans l’économie formelle», ajoute-t-il.

Suivi médical

Pour parvenir à ces résultats, son équipe de chercheurs en santé publique de l’Université McGill, au Canada, et de l’UCLA, aux États-Unis, aura éclusé des données statistiques portant sur près de 300.000 enfants nés dans vingt pays pauvres d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine pendant huit ans. Des données confrontées aux législations en vigueur dans ces pays eu égard au congé maternité et à l’évolution de sa durée au cours de la période.

Après avoir exclu d’autres variables susceptibles de jouer sur leurs résultats, comme le PIB ou les dépenses de santé par habitant, les scientifiques allaient trouver qu’un seul mois de congé maternité supplémentaire permettait d’éviter 8 décès sur 1.000 naissances vivantes, soit une réduction moyenne de 13% de la mortalité infantile. Les effets les plus significatifs de l’allongement du congé maternité sur la santé des enfants se manifestaient lors de la période dite post-néonatale, c’est-à-dire quand les bébés ont entre 1 mois et 1 an.

Pour les chercheurs, cette corrélation entre l’augmentation du congé maternité et la diminution de la mortalité infantile pourrait être due à plusieurs facteurs. Par exemple, en voyant ses revenus et son emploi garantis, une femme serait moins stressée et le stress est un facteur de risque connu des naissances prématurées et de petit poids. De même, en pouvant quitter son travail quelques semaines avant et après son accouchement, cette femme aurait davantage de temps et de disponibilité d’esprit pour suivre médicalement sa grossesse et son nouveau-né, un accès aux soins que l’on sait évidemment profitable à la santé des plus petits. Enfin, grâce au congé maternité, elle aurait tendance à allaiter plus longtemps et à bien respecter la primo-vaccination de son enfant –deux facteurs là aussi essentiels pour sa survie, a fortiori dans les pays les moins développés du globe.

Aujourd’hui, plus de la moitié des pays du monde ont adopté des législations offrant un congé maternité aux femmes. Parmi les rares où la loi ne sanctionne aucun congé maternité obligatoire, on compte la Papouasie-Nouvelle-Guinée, le Suriname ou... les États-Unis, qui détiennent par ailleurs le triste record de mortalité infantile des pays riches.

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