Science & santé

Les femmes attirées par des hommes intelligents se détournent plus des carrières scientifiques

Repéré par Peggy Sastre, mis à jour le 04.04.2016 à 19 h 02

Repéré sur Journal of Applied Social Psychology, phys.org

À choix amoureux conventionnel, désir de carrière traditionnelle.

Clark Kent a quitté le building | Fe Ilya via Flickr CC License by

Clark Kent a quitté le building | Fe Ilya via Flickr CC License by

Et si pour expliquer la sous-représentation des femmes dans les secteurs professionnels liés aux STEM –sciences, technologie, ingénierie et mathématiques–, il fallait s'intéresser à leur vision de l'homme idéal? C'est la question que s'est posé une équipe de cinq chercheurs américains, dirigée par Lora Park, docteure en psychologie affiliée à l'université de Buffalo, qui a sondé 947 individus hétérosexuels et mené trois expériences d'amorçage auprès de 448 autres. 

D'après les résultats de leur étude récemment publiée dans la revue Journal of Applied Social Psychology, les femmes les plus traditionnelles dans leurs goûts matrimoniaux –celles qui, en gros, cèdent à l'hypergamie et préfèrent avoir un conjoint plus vieux, plus éduqué, plus riche ou encore plus intelligent qu'elles– ont effectivement tendance à se détourner des carrières scientifiques.

L'attrait néfaste du QI élevé

Dans la première expérience, les femmes (mais pas les hommes) qui en pinçaient pour des partenaires plus intelligents réussissaient moins bien à un exercice de mathématiques quand les chercheurs leur avaient fait penser à un moment de leur vie où elles avaient voulu se montrer désirables.

Dans la seconde expérience, la même technique d'amorçage –pensez à un moment où vous avez voulu plaire vs. paraître intelligent(e) vs. rien du tout– avait le même effet, y compris chez les femmes intéressées au départ par les disciplines scientifiques: lorsqu'elles valorisaient un QI supérieur chez leur potentiel partenaire, elles avaient tendance à moins s'identifier aux STEM et à moins bien réussir aux tests de math. Un effet totalement absent lorsque les femmes étaient confrontées à des sujets artistiques.

Et la troisième expérience enfonçait le clou: lorsque les femmes n'étaient pas intéressées par les disciplines scientifiques, elles avaient davantage tendance à valoriser un surplus d'intelligence chez leur partenaire et, une fois leur cervelle manipulée pour être mise dans une humeur «amoureuse», leur intérêt pour les STEM diminuait d'autant.

«J'ai été surprise par le fait que certaines femmes manifestent cette préférence, commente Park. Par contre, que ces préférences mènent à de moins bonnes performances dans ces disciplines masculines, cela ne m'a pas étonnée».

Stéréotypes et absences de figure

L'inverse est-il vrai? Est-ce que les femmes aux préférences sexualo-amoureuses les moins conventionnelles s'intéressent davantage aux disciplines scientifiques? C'est en tout cas une question que Park voudrait bientôt voir creusée.  

De nombreuses autres hypothèses, qui ne s'excluent évidemment pas les unes les autres, existent pour expliquer cette sous-représentation des femmes. Elles se focalisent plutôt en général sur les rôles et les stéréotypes genrés assignés aux enfants dès leur plus jeune âge; sur l'influence délétère qu'ils peuvent exercer sur la réussite scolaire ou professionnelle des jeunes filles et femmes; sur la rareté, si ce n'est l'absence de figures tutélaires féminines dans les disciplines scientifiques; ou encore sur l'impression d'une contradiction entre ces dites carrières et les objectifs existentiels que se donnent en tendance les femmes –en particulier sur le plan des «sacrifices» personnels et familiaux qu'est susceptible d'exiger la réussite dans ce genre de secteurs.

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