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Galilée, un mythe scientifique à la gloire largement usurpée

Repéré par Léo Roynette, mis à jour le 04.04.2016 à 16 h 38

Repéré sur Aeon

Si l'Italien s’est illustré comme l’un des pionniers de la physique, il ne mérite pas sa réputation de génial astronome.

Si Galilée n'était pas né, l'histoire de l'astronomie n'en aurait pas été tellement affectée | Justus Sustermans / Heliocentric universe, Harmonia Macrocosmica via Wikimedia Commons (Domaine public)

Si Galilée n'était pas né, l'histoire de l'astronomie n'en aurait pas été tellement affectée | Justus Sustermans / Heliocentric universe, Harmonia Macrocosmica via Wikimedia Commons (Domaine public)

Les XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles ont été le berceau de nombreuses découvertes scientifiques, dont l’affirmation de l’héliocentrisme, en lieu et place du géocentrisme. Et quand il s’agit de désigner le meilleur ambassadeur de cette révolution astronomique qui rèfute l'idée que la Terre soit immobile au centre de l'univers, le nom qui vient aux lèvres est souvent… Galilée. Pourtant, ce savant italien n’a joué qu’un rôle mineur dans toutes les découvertes qui lui sont attribuées, rapporte Aeon.

En 1609, Galilée est un professeur de mathématiques de 45 ans plus connu pour son goût pour le vin que pour ses travaux. À son actif, une étude remarquable sur la loi de la pesanteur, qu’il n’a pas publiée. Il n’est pas l’inventeur du télescope comme beaucoup croient, puisqu’il s’en procure lui-même un, en 1610. Ses travaux d’astronomie ne sont pas réellement novateurs, mais leur publication le propulse en tête de file des meilleurs scientifiques d’Europe.

De l’ombre à la lumière

Le voilà à exposer ses théories à la famille florentine des Médicis et à s’attirer le courroux de l’Église pour sa défense du copernicianisme en 1632 qui lui a valu une assignation à domicile. Et encore une fois, la réelle acceptation de l’héliocentrisme par la pensée commune n’est pas due à Galilée, mais bien à Johannes Kepler, dont les travaux n’étaient même pas mentionnés dans ceux de l’Italien.

Galilée s’attire à lui seul –ou quasiment– les mérites de recherches menées par toute une communauté scientifique. Si son Discours concernant deux sciences nouvelles, sorte de testament scientifique rédigé en 1638, a été celui qui l’a véritablement fait rentrer dans l’histoire, il a été en partie inspiré d’études menées par le mathématicien flamand Simon Stevin et le philosophe néerlandais Isaac Beeckman.

Une belle plume

Alors qu’au XVIIe siècle, Galilée tombe dans l’oubli –Isaac Newton ne le mentionne que très brièvement dans ses travaux sur la pesanteur en 1687–, il fait un retour fulgurant à partir de la fin du XVIIIe siècle, quand les biographies scientifiques se multiplient. Ses histoires de persécutions subies de la part de l’Église catholique passionnent. Il devient le symbole du héros scientifique en butte à l’obscurantisme religieux. 

Surtout, Galilée se différencie des autres scientifiques par ses écrits, bien plus vivants et compréhensibles pour un non-initié. Un travail de vulgarisation qui finit par payer avec le temps. Un grand nombre de ses pairs à la contribution tout aussi remarquable a sombré dans l'oubli. Lui a été élevé, à tort, au rang de mythe.

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