Sciences

Soyez prudents, l'amour du risque est contagieux

Temps de lecture : 2 min

Comme le rire, les bâillements ou les applaudissements, la témérité peut être l'objet d'un processus de «contagion comportementale».

Le grand saut | Randall Chancellor via Flickr CC License by
Le grand saut | Randall Chancellor via Flickr CC License by

Quand vous modifiez vos opinions ou vos émotions pour vous conformer à ceux qui vous entourent, vous êtes victime de «contagion comportementale». Pas de panique, la chose est parfaitement normale pour l'espèce sociale que nous sommes. Prenez le rire ou le baillement voire les applaudissements qui peuvent être extrêmement contagieux. Le phénomène a même été observé chez les chimpanzés, les loups et les chiens –ces derniers pouvant même être «contaminés» par leur maître humain.

Aujourd'hui, c'est le goût du risque qui vient grossir la liste des comportements potentiellement contagieux. Dans une étude publiée dans les PNAS et dirigée par Shinsuke Suzuki, chercheur en neurosciences à Caltech, 24 personnes se sont vues proposer une simulation de pari. En quatre secondes maximum, elles devaient se décider entre un pari sûr, mais peu rémunérateur, ou prendre un plus gros risque et espérer toucher davantage d'argent.

À tour de rôle, les participants devaient prendre leur décision seuls, après avoir observé le choix de leurs pairs ou encore en essayant de le prédire, sans pouvoir connaître le résultat final.

Résultat: quand les cobayes devaient se décider sans observer les autres, ils étaient majoritairement portés vers la prudence. Par contre, lorsqu'ils devaient faire leur choix après une personne téméraire, ils avaient tendance à l'imiter, et ce même s'ils n'étaient pas en mesure de savoir si le pari de leur «mentor» avait été ou non gagnant.

Mais l'expérience ne s'arrêtait pas là, puisque l'activité cérébrale des participants était aussi mesurée durant l'exercice. Logiquement, la zone cérébrale associée à l'observation et à l'apprentissage était particulièrement active quand les volontaires devaient se décider après avoir assisté au choix de leurs comparses. Autre zone à s'allumer sur l'écran de contrôle du scanner, le noyau caudé, que l'on sait associé à l'évaluation des risques: face à de la témérité, son activité était significativement modifiée.

Selon les chercheurs, ces résultats «indiquent que lorsqu'un individu a la possibilité d'observer les comportements à risque d'un autre agent, cela peut directement influer sur ses propres préférences».

L'étude pourrait se révéler particulièrement utile dans les salles des marchés afin d'atténuer le panurgisme des traders, surtout quand ils en viennent à prendre des risques inconsidérés «pour faire comme tout le monde».

Slate.fr

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