Le succès de la City payé par le contribuable français
Les grandes écoles françaises, financées par le contribuable, ont formé la fine fleur des banquiers de Londres. Dans le même temps, la place financière de Paris périclite.
- -
La City n'a pas apprécié les propos de Nicolas Sarkozy saluant la nomination de Michel Barnier au poste de commissaire au Marché intérieur comme une victoire du modèle français sur le capitalisme à l'anglo-saxonne.
Premiers visés, les banquiers britanniques s'en sont pris au président français. Angela Knight, la directrice de l'association des banquiers britanniques (BBA), estime que «M. Sarkozy a ébranlé l'Union européenne avec ses déclarations.» Les commentaires du président français «ont soulevé de nombreuses questions sur l'impartialité du nominé français à la Commission européenne» ajoute-t-elle.
La suite de son communiqué ressemble à une mise en garde: «Si certains en Europe pensent être capables de renverser les années de travail qui ont été nécessaires pour faire du Royaume-Uni le centre financier de la planète, ils se trompent lourdement.» Quant à Simon Walker, le président de l'association des entreprises britanniques de capital-risque, il estime que «la rhétorique du président Sarkozy dépasse les bornes, même s'il s'adresse clairement à l'électorat français».
A la suite de cette polémique, nous republions l'article d'Oriane Claire qui montrait qu'une partie du succès de la City a été indirectement financé par le contribuable français via l'éducation publique de dizaines de milliers de banquiers français qui travaillent à Londres.
Notre système éducatif a fait la richesse de la City à Londres. Nos formations en mathématiques, statistiques, économie et finance, reconnues et renommées, ont assuré un flux régulier de jeunes diplômés mais aussi de professionnels de la finance aguerris depuis une vingtaine d'années. Résultat, la City vient de décrocher la palme d'or. Elle a été sacrée par le World Economic Forum (WEF) la première Place financière au monde, juste devant les Etats-Unis. Ne soyons pas trop «arrogants», nous ne sommes pas les seuls à avoir permis ce développement outre-Manche. L'Angleterre a su attirer tout un tas d'excellence en provenance des pays d'Europe mais aussi d'Asie ou d'Australie. Sa recette: un savoureux dosage entre fiscalité attractive, rémunération alléchante et réglementation allégée.
Avec un Eurostar qui place Londres à deux ou trois heures de Paris, il fut facile de séduire les français bien formés. On compte aujourd'hui 150 000 français à la City soit 20% des postes en finance à Londres. C'est loin d'être négligeable, d'autant que la contribution nette de la City dans le PIB (Produit intérieur brut) national est de l'ordre de 8%. La finance reste le premier poste de création de richesse en Grande-Bretagne et captive toujours plus de jeunes gens bien formés en quête de réussite. Comme l'explique un financier français implanté à Londres: «ce qui m'a poussé à aller travailler en Angleterre: c'est la combinaison d'un salaire deux fois supérieur et d'une fiscalité très intéressante». Pour beaucoup d'expatriés, la France offre, a contrario, un taux d'imposition trop punitif pour leur permettre de s'enrichir à la hauteur de ce qui est proposé outre-Manche.
A vouloir trop taxer, trop réglementer, on a laissé se délocaliser notre finance. Il fut un temps où le palais Brongniart était au centre financier actif, reconnu, convoité, où la voix de Jean-Pierre Gaillard raisonnait quotidiennement sur les antennes radio et télévisées. Aujourd'hui, tout est fini. La Place financière de Paris n'est plus ce qu'elle était, exit la Bourse, le palais s'est transformé en centre de conférences haut de gamme et en musée. En voilà un beau signe du déclin de notre économie. Et Le World Economic Forum de le confirmer: la place de Paris passe de la sixième à la onzième position dans son classement des centres financiers de 2009. Nous voici désormais classés entre le Danemark et l'Allemagne.
L'État français a été bien malhabile en prenant en charge le coût de la formation et en laissant les autres en profiter et en particulier la City. S'il est bénéfique pour les jeunes de disposer d'une expérience à l'étranger pour ensuite revenir plein de force et de raison travailler dans l'Hexagone, la situation aujourd'hui est bien différente. Les Français partent s'enrichir sur les places financières internationales mais ne reviennent plus, excepté pour passer quelques vacances ou prendre leurs retraites. Il y a quelques temps Christine Lagarde avait pour ambition de «freiner ces wagons de banquiers français que l'Eurostar nous emporte tous les dimanches soir». Fut alors créé, il y a deux ans, le haut comité de Place qui proposa en première mesure des avantages fiscaux aux impatriés. Résultat: rien. Même en offrant ce qu'ils réclament, les expatriés ne veulent plus revenir travailler sur le sol français.
C'est là que le bât blesse. On a donné tout un pan de notre économie aux mains des britanniques sans pouvoir inverser la tendance. Pour Noel Amenc, professeur à l'Edhec: «l'expertise marketing, le sens de l'idéologie de l'investissement et la culture économique de nos concurrents anglo-saxons sont fondamentaux. C'est ce creuset pragmatique qui permet à nos talents d'ingénieurs français de s'épanouir». C'est donc tout un environnement propice au développement du secteur financier que leur offrent les britanniques.
Pourtant, depuis deux ans, la France avait une carte à jouer, les conditions en Grande Bretagne devenaient moins favorables avec un durcissement de la fiscalité domestique. Elle n'a pas su saisir sa chance. Dernier événement en date, tout le système informatique basé à Paris de NYSE Euronext (la fusion de la première Bourse paneuropéenne et de la Bourse de New York) vient de se délocaliser à Londres.
Nouvelle preuve qu'il n'y a plus grand-chose à espérer de notre Capitale. Le comité Paris Europlace, l'organe de promotion de la Place de Paris et le Haut comité devraient en prendre conscience. L'enjeu est de taille. Les sommes investies pour la formation des expatriés ont un coût et le manque à gagner en collecte d'impôts sur tout un secteur parti s'expatrier reste colossal et surtout non compensé. La finance est un secteur de pointe qui génère des profits et des revenus conséquents. Alors, avant de se lancer dans un nouvel emprunt national pour financer «les secteurs d'avenir», il serait peut-être plus opportun de se donner les moyens de récupérer ce qui est récupérable.
Oriane Claire
Lire également: France, ta finance fout le camp,
Image de Une: Le quartier des affaires Canary Wharf à Londres Luke MacGregor / Reuters
Mis à jour le 03/12/2009 à 12h06










































C'est article recouvre bien en quelques mots la réalité....Ayant moi-même fait toute ma carrière à la City, la vérité est encore plus terrible: la grande discussion actuelle va même jusqu'à aller a réfléchir au renoncement du passeport françcais pour un certain nombre d'entre eux, ce qui est plutot nouveau. Les enfants de ces expatriés de la City font de moins en moins leur études en France et ont peur d'investir ensuite leur profit en France, la punition est triple. L'Etat francais est tellement affamé que cette population qui ne critique d'ailleurs pas la France ouvertement agit va voir ailleurs, investit ailleurs. L'un d'entre eux pensait rentrer après une belle carrière et investir dans une propriété viticole il vient d'y renoncer à cause de l'ambiance déletere et pesante qu'il règne. Finalement il a acheté un vignoble en Argentine....En conclusion, l'Etat coercitif qui entretien les peurs et angoisses qui n'ont en fait comme objectif que sa propre survi. Maintenant le meilleur et peut être le plus dur à entendre, certains d'entre nous sommes ou avons été les spécialistes du marché francais, surtout dans le "private equity", c'est à dire le rachat des sociétés francaises par des fonds d'investissement; notre travail est donc de racheter ces sociétés asphyxcié par les impots et les charges et de transferer les activités en Asie, Roumanie, Pologne, etc... et de fermer autant qu'on pouvait les usines couteuses en France, ce job represente un risque faible avec un rendement maximun. Ce n'est pas fini, nous expliquons alors aux chefs d'entreprise étranglé qu'il vaut mieux partir avant de vendre sa société, et donc de s'expatrier aussi. Le plus beau dans cette histoire que j'écris ici c'est que demain sera encore meilleure pour eux car l'étape suivante est purement et simplement le déménagement des sièges sociaux c'est encore plus rentable, en fait que l'Etat continue dans ce sens et il garanti encore de trés belle années aux financiers francais de la City, pour leur plus grand bonheur. A bon entendeur
Ce qui est beau, c'est que vous croyez qu'il n'y a que la France qui est touchée par la délocalisation à cause de ses impôts.
Les Etats-Unis ont commencé à l'être bien avant nous, le Grande-Bretagne également. Pourquoi ? Parce que le coût de la main d'oeuvre ne se mesure pas SEULEMENT avec les charges sociales, mais aussi avec la différence de revenus nets entre un ouvrier surexploité en Asie (droits de l'homme ? Connais pas...) et un ouvrier politiquement éduqué.
Alors les ripoux que sont vos connaissances peuvent survivre en détruisant l'activité économique des pays riches pour la transvaser dans les pays pauvres, transférant ainsi la misère des uns chez les autres en prenant des rémunérations indécentes au passage.
La solution ? Taxation aux frontières des produits provenant des pays où la main d'oeuvre n'a aucun droit. Pour cela, il faudra attendre que l'Europe s'équipe de gens suffisamment courageux pour botter le cul de ces personnes qui vivent leur "american dream" sur le cadavre des autres.
Taxation sans relâche et protectionnisme pour apprendre aux investisseurs sans scrupules que la planète entière ne leur appartient pas.
Des formes de protectionisme rétabliraient un équilibre, mais cela n'est évidemment pas facile à faire dans un monde ouvert, la concurrence est la règle, il faut être compétitif et les Etats plus modestes. Les dettes qu'ils ont contracté depuis des années va bientot faire fuir les capitaux. Il est probable que certains pays entrent dans des phases d'appauvrissement tels la France. Les politiciens se font élire sur un rêve qu'ils vendent mais ceux qui font tourner la boutique sont les industriels qui ne jouent pas avec les mêmes règles. Vos politiciens vous mentent et vous les réélisez à chaque fois, donc c'est que tout le monde est content, il n''y a pas de problème.
Je vois le sens de votre réflexion, mais cela confirme mes angoisses.
"Être compétitif" n'est pas une fin en soi. La compétitivité est là pour assurer la rentabilité la plus importante pour attirer l'investisseur, l'argent. Sauf que ce type de raisonnement nous conduit à enrichir les investisseurs systématiquement au dessus du niveau de croissance, ce qui revient à donner continuellement depuis des années une part de plus en plus importante des richesses aux personnes qui sont hors du besoin.
Si nous continuons dans cette voie, ceux qui nourrissent l'économie réelle et donc la compétitivité (ceux qui payent, les consommateurs) n'auront plus assez de revenu pour assurer la subsistance de la société de consommation de masse, à force de voir leurs forces vives aspirées par des vampires.
Plus inquiétant encore : s'il est facile de faire accepter à un pays pauvre un développement occidentalisé pour l'enrichir, il sera risqué de faire accepter aux populations des pays développés une baisse de leur niveau de vie drastique. Entendons-nous bien : nous parlons de pays qui sont dotés de l'arme nucléaire et de populations ayant les moyens intellectuels et techniques pour réinventer la planète sauce "fallout"...
Bref, soit nous rationalisons la finance en inculquant à ses acteurs la force de résister aux exigences des pourris-gâtés de ce monde (les fameux 2% qui détiennent la moitié des richesses planétaires), soit les financiers continuent de collaborer avec ces derniers et se rendront responsables d'un avenir merdique.
Pour ce qui est des politiques qui mentent, on ne peut pas dire que nous avons vraiment le choix...
On va se limiter à la France, l'Etat en ponctionnant 10 à 15 points de pib en trop ruine la compétivité du pays c'est aussi simple que cela. Le discours tenu par l'Etat reporte le problème sur les agents économiques pour le faire vivre. La productivité économique est bonne celle du pays mauvaise. A faire vivre des pléthore de fonctionnaires et à prélever la richesse pour soi disant la redistribuer en fait il redistribue un peu et l'essentiel part en frais de fonctionnement, c'est un dirigisme inefficace, qui devrait etre limité à seulement quelques aspects de la société seulement. On touche au pouvoir de l'Etat, qui sans cette manne ne serait plus grand chose, fini grandeur et dépense somptuaire, fini sa puissance sur la place internationale qui revient désormais à l'Europe. Il y a un changement d'échelle que ces jacobins n'acceptent pas.Les francais le paieront trés cher.
En vous bornant à mettre les choses en perspective de la seule compétitivité, vous considérez que la loi du marché prédomine et qu'il n'y a ni autre chemin, ni intérêt à trouver une autre façon de réguler l'économie que la loi de l'offre et de la demande.
De plus vous ne répondez pas à la question primordiale : être compétitif, soit, mais au bénéfice de qui ?
Nous savons tous que les marchés servent actuellement les intérêts d'une minorité de grands propriétaires qui imposent leurs conditions à la société entière.
Ceci étant, il faut rappeler que si la France a amorti le choc de la crise, c'est justement grâce, notamment, à sa pléthore de fonctionnaires, qui, loin d'être payés à ne rien faire, ont servi à deux choses :
- ils ont soutenu la consommation, faute d'avoir été licencié,
- ils permettent à l'Etat et donc à des autorités démocratiquement élus de garder la tête haute face aux grandes puissances multinationales.
Il faut aussi rappeler que les pays "compétitifs" sont ceux dont la traite de la main d'oeuvre se rapproche le plus de ce qu'on appelle l'esclavage...
Certes, le système français n'est pas parfait et il y a des choses à changer au niveau de la gestion. Mais question gestion, je ne pense pas qu'il ait de leçons à recevoir de ceux qui gonflent les bulles spéculatives, mettant ainsi en berne les financements privés qui soutiennent l'économie réelle à chaque explosion de la confiance dans les cours.
Je rappelle que la crise actuelle n'est pas causée par l'Etat mais par les agents économiques et les investisseurs dont la seule loi est le profit et qui préfèreront toujours placer leurs efforts financiers là où çà rapporte gros, sans tenir compte du fait que tout le monde ne peut pas vivre au dessus du niveau de croissance.
Les financiers agissent de manière isolée, promettant des gains extraordinaires à des personnes outrageusement riches. Pour cela, ils sont prêts à oublier qu'avec, par exemple, 2% de croissance, celui qui augmente sa richesse de plus de 2% soustrait en réalité des richesses à son voisin en ce qu'il s'arroge une part plus importante des richesses globales. C'est une simple question de calcul.
Peter Jones, vous défendez actuellement un modèle qui se destine à mourir d'une façon ou d'une autre : l'argent n'a de valeur que tant qu'il permet d'obtenir des échanges dans le monde entier. Si vous appauvrissez trop certaines populations au bénéfices d'une minorité, le remplacement de l'argent et du "business" par la force et la révolte sera plus que fatal. Ce jour-là, je pense que je ne suis pas le seul à vouloir le repousser le plus possible.
Vous vivez dans une tour d'ivoire, c'est indéniable.
1/ Savez-vous que si vous gagnez plus de 1600 € par mois vous faîtes partie des 2% des salaires les plus élevés du monde. Et en France compte tenu de l'ensemble des services et des allocations dont vous bénéficiez, vous avez un équivalent niveau de vie qui doit en réalité être supérieur à 2000 €. Il se pourrait donc que vous fassiez partie de ces fameux 2% que vous dénoncez.
2/ Pratiquement aucun personne sérieuse ne déclare que les fonctionnaires sont payés à ne rien faire. Ce que les personnes sérieuses disent (de droite, mais aussi de gauche en off) c'est que les fonctionnaires pourraient être plus souples, accepter plus de réformes et rendre plus de services. Et ainsi contribuer plus activement à la richesse du pays.
J'ai beaucoup de respect pour les fonctionnaires car ils ont la mission de rendre des services aux français. C'est une noble mission qui implique de faire passer son intérêt personnel après l'intérêt collectif. C'est la raison pour laquelle je ne suis pas fonctionnaire. Je suis trop égoïste pour être à la hauteur de cette abnégation.
3/ La compétitivité, la productivité sont essentielles. C'est parce que la France et les français sont compétitifs et productifs qu'ils peuvent payer collectivement un des systèmes de protection sociale parmi les meilleurs au monde. Voilà à quoi peut servir la compétitivité. Contrairement à ce que vous affirmez la perte de compétitivité et de productivité signifie la fin de cette protection. Dans les pays peu compétitifs et peu productifs on meurt très jeune.
4/ Vous appelez de vos vœux un autre système plus équitable et respectueux de l'homme. Je suis à d'accord avec vous. Mais quel que soit ce nouveau système il ne pourra pas s'exonérer des contraintes liées aux 3 points ci-dessus.
"1/ Savez-vous que si vous gagnez plus de 1600 € par mois vous faîtes partie des 2% des salaires les plus élevés du monde. Et en France compte tenu de l'ensemble des services et des allocations dont vous bénéficiez, vous avez un équivalent niveau de vie qui doit en réalité être supérieur à 2000 €. Il se pourrait donc que vous fassiez partie de ces fameux 2% que vous dénoncez."
Nous ne sommes pas là pour faire les comptes, mais sachez qu'effectivement, je ne fais donc pas partie des 2% tels que vous les présentez.
De plus, je m'attendais à ce type d'argumentation. Sauf que la population des pays occidentaux dits riches ne se limite pas à 2% de la population totale : simple question de calcul. La France accueille 65 millions de personnes soit déjà 1% de la population mondiale (6 500 millions). L'Allemagne en accueille 80 millions, soit 1,3%. La Grande-Bretagne en accueille en accueille 60 millions soit encore 1%. Avec seulement 3 pays riches, Etats-Unis exclus, nous avons déjà dépassé en nombre d'individus la part de ceux qui détiennent 50% des richesses. Donc non, avec une population occidentale qui doit se trouver à 20% de la population mondiale, on ne peut pas dire que la population occidentale entière détient 50% des richesses. A mon sens, nous sommes loin des chiffres que vous brandissez, car, même si nous venions à considérer que les plus riches sont tous des membres de nations occidentales, ils représenteraient à peine 10% de la population de ces dernières.
De plus ces considérations se basent sur le revenu réel, qui ne veut rien dire si on ne le met pas en corrélation avec l'indice des prix pour déterminer le niveau de vie. Les plus riches ne sont pas forcément les plus riches des pays aisés.
Et pour approfondir, je vise ceux qui rassemblent des fortunes sans limites. Classement Forbes, 2009, Bill Gates, 40 milliards de dollars. Sa fortune, à elle seule, correspond au salaire de 20.000 personnes payées 2.000 euros brut pendant 83 ans. Ajoutons à cela 35.000 personnes pour Warren Buffet et Carlos Slim Helu, 12.500 personnes pour Lawrence Ellison et 15.000 personnes pour Ingvar Kamprad. En tout, la fortune de 5 personnes permet de payer 80.000 personnes à 2.000 euros brut pendant une vie (retraite comprise), avec le niveau des prix français (réputés généralement fort chers, même en Europe). Voilà pour les chiffres.
Tous les instituts sérieux du globe dénoncent une aspiration des richesses au profit des personnes les mieux dotées, dont ne font pas partie les "gens du commun", même dans les pays riches.
"2/ Pratiquement aucun personne sérieuse ne déclare que les fonctionnaires sont payés à ne rien faire. Ce que les personnes sérieuses disent (de droite, mais aussi de gauche en off) c'est que les fonctionnaires pourraient être plus souples, accepter plus de réformes et rendre plus de services. Et ainsi contribuer plus activement à la richesse du pays."
Ces personnes qui travaillent ont raison de surveiller scrupuleusement les avantages qu'on souhaite leur retirer. Le fait est que l'argent se trouve principalement transiter par les marchés financiers. Or, les marchés financiers sont majoritairement contrôlés par les plus gros actionnaires et donc, in fine, les plus riches. En concédant des droits pour la compétitivité de façon à séduire les marchés et à leur fournir plus de marges de manoeuvres, ils accepteraient en réalité de perdre des revenus pour les concéder à ceux dont le besoin n'est absolument pas établi.
"3/ La compétitivité, la productivité sont essentielles. C'est parce que la France et les français sont compétitifs et productifs qu'ils peuvent payer collectivement un des systèmes de protection sociale parmi les meilleurs au monde. Voilà à quoi peut servir la compétitivité. Contrairement à ce que vous affirmez la perte de compétitivité et de productivité signifie la fin de cette protection. Dans les pays peu compétitifs et peu productifs on meurt très jeune."
On ne peut pas tenir deux discours. Soit le France est compétitive, soit elle ne l'est pas. J'entends partout dire que les 35 heures détruisent l'économie de notre pays, etc, etc. Pourtant, la crise nous a moins touché, et pour cause : n'importe quel économiste sérieux sait pourtant qu'en donnant plus de temps et d'argent aux masses populaires, celles-ci consomment et FINANCENT les entreprises qui créent de la valeur. Je ne l'invente pas, tous les keynésiens le disent. Et si ils ne consomment pas, ils épargnent, permettant aux banques de réaliser les investissement qui ne pourraient pas être faits autrement.
En vérité les théories libérales servent les plus gros requins car ceux-ci savent que la seule entrave à leur empire financier est la démocratie et les constitutions nationales. Ceux qui y adhèrent sont souvent sincères, mais ils oublient que dans un domaine sans règle, la loi qui finit par s'imposer est celle du plus influent. Le libéralisme ne peut donc même pas survivre à cette contradiction qui veut que celui qui s'en sort le mieux, en pleine dérégulation, finira par asservir tous les autres.
La théorie libérale, excusez-moi du peu, est une grosse ânerie.
1/ Vos calculs ne sont pas faux et je vais revoir mes chiffres. Il n'empêche qu'un français moyen est considéré comme riche et privilégié par 80% des habitants de la planète ne serait-ce parce qu'il à accès à l'éducation et à la santé pratiquement gratuitement. Essayons d'imaginer la vision que peuvent avoir un habitant de Dakar ou de Saïgon de la France et des français.... On est toujours le riche de quelqu'un.
2/ Je ne parle pas de réduire les budgets de l'état, mais de demander aux agents de l'état de rendre plus de services aux usagers, même si cela doit passer par une remise en cause de leur organisation et de leurs procédures. Voire même, n'ayons pas peur, de certains de leurs avantages. Vous venez de me retirer mes dernières illusions sur les fonctionnaires et leur dévouement à la sacro-sainte mission de service publique. Mais aussi de me rassurer, je ne suis finalement pas si égoïste que ça.
3/ La France est un pays qui reste compétitif et productif, mais cette compétitivité et cette productivité s'érodent un peu plus chaque année. Si la France veut maintenir son niveau de vie sans emprunter pour finir les fins d'années elle doit maintenir cette compétitivité et cette productivité à un niveau suffisant pour permettre à l'état de prélever suffisamment d'impôts.
4/ Le libéralisme et le capitalisme ne sont pas éternels. Je ne peux que vous encourager à imaginer de nouvelles théories économiques. Mais elles ne pourront pas s'affranchir de certaines réalités.
Fermer les frontières peut-être une solution mais elle est très risquée car alors il ne sera plus possible de vendre à l'international. Et l'ouverture est souvent une attitude plus constructive que la fermeture. Les sociétés fermées, comme la Corée du Nord, la Birmanie ou autrefois la Chine et l'URSS sont des sociétés pauvres. Enfin n'oublions pas que les capitaux étrangers financent notre déficit public. Les choses ne sont pas si simples.
Rester ouvert n'empêche pas une forte régulation des échanges internationaux et de réglementer les échanges avec les pays qui ne respectent pas des normes minimales environnementales et sociétales.
N'oublions pas non plus de nous autocritiquer. Augmenter les taxes supportées par les produits venant d'autres pays ne doit pas nous empêcher de regarder si nos prélèvements sont justifiés. N'oublions donc pas de réformer notre état pesant et coûteux afin de le rendre à la hauteur des enjeux internationaux. Après tout, les agents de l'état revendiquent régulièrement des augmentations de salaires. La justification essentielle d'une augmentation de salaire est l'augmentation de la productivité. Vérifions ensemble si les services rendus par l'état sont à la hauteur de leur coût, vérifions que la productivité des services de l’état est au niveau des autres administrations afin d’ajuster les prélèvements aux besoins réels.
Régulation et réformes pourraient être les 2 mamelles de la France.
Si l'argent part en Asie dans les entreprises et pas dans les notres c'est facil a comprendre, la bas c'est plus rentable qu'ici pour faire simple. Maintenant vous régulez, il n'y a plus personne pour jouer, vous vous trouvez avec votre régulation mais sans argent. Maintenant vous faitses quoi?
Etes vous sur qu'il en faille plus? Elle exciste déjà et elle est trés contraingnante, c'est un leurre de mettre plus de régulation. Les banques ne veulent plus investir dans le jeu de l'économie pas assez rentable et risqué car nos entreprises ne gagnent pas assez car trop chargées en taxes diverses et secu outransières. L'Etat et les collectivités locales réduisent leurs dépenses de 30% et vous verrez les banques réinvestiront dans les entreprises.
Je comprends vos arguments et je me permets de souligner que je plaide aussi pour une meilleur efficacité de l'état français, c'est à dire la baisse du coût et l'augmentation du service rendu.
Quel doit être le périmètre d’une régulation? Française, Européenne, mondiale ?
Je tiens à rappeler que globalement il me semble que les banques sont heureuses de prêter à la France (et aux pays européens) et donc à financer nos déficits. Si le rendement d'un investissement dans une entreprise française est moins rémunérateur qu'un placement équivalent en Asie, le risque n'est pas le même. Combien d'investisseurs se sont fait floués en investissant dans des pays instables voir oligarques.... Le rapport rendement risque n'est pas si défavorable que ça à notre économie.
Je suis un capitaliste et un libéral convaincu. Mais ce système à une limite qui est celle de notre monde. Nous savons maintenant que si l'univers est infini, notre monde lui est fini. Ce simple constat induit la création à moyen terme d'une régulation mondiale. Tous les pays seront petit à petit forcés de se plier à ce constat.
La régulation est l'expression de la liberté. La liberté n'existe pas sans règles. L'absence de règles c'est l'anarchie. Le libéralisme ne peut exister que parce qu'il est régulé. Le libéralisme mondial ne peut exister que si les règles sont mondialisées. Les pays émergeants doivent satisfaire à un minimum de règles sociales et environnementales pour pouvoir assurer une concurrence saine et la survie du système capitaliste libéral.
Une régulation Franco-française n’aurait peut-être pas de sens. La recherche de la compétitivité à tout prix n’en a pas non plus. La solution vient peut-être d’un mixe équilibré entre ces deux contraintes.