Science & santéMondeFrance

La France est moins bien protégée contre la rougeole que le Rwanda

Repéré par Léo Roynette, mis à jour le 31.03.2016 à 14 h 56

Repéré sur The Economist, RFI

Car le taux de vaccination y est tout simplement plus bas.

Campagne de vaccination contre la rougeole de Médecins sans frontières à Bangui, en Centrafrique, le 7 janvier 2014 | MIGUEL MEDINA/AFP

Campagne de vaccination contre la rougeole de Médecins sans frontières à Bangui, en Centrafrique, le 7 janvier 2014 | MIGUEL MEDINA/AFP

La situation peut paraître étrange, inhabituelle. Si une épidémie de rougeole s’abattait sur le Rwanda et la France simultanément, c’est en théorie la population rwandaise qui serait la moins affectée, rapporte The Economist.

L’explication est pourtant toute simple: le taux de vaccination est plus élevé au Rwanda qu’en France, avec près de 99% de vaccinés contre 90%. Jusqu’alors très en proie aux épidémies dues à des conditions de vie insalubres, les pays d’Afrique voient enfin leurs populations devenir plus résistantes aux maladies comme la rougeole grâce aux vaccins acheminés par l’OMS, qui sauvent 2,5 millions de vie par an.

De leur côté, les pays développés ont une confiance bien moindre en la vaccination, qu’ils suspectent de «surcharger» les systèmes immunitaires et parfois même de donner lieu à des effets secondaires indésirables. Ils sont 86% à se vacciner contre la rougeole en Italie, 90% au Danemark, quand en Érythrée ou en Tanzanie le taux de vaccination contre cette maladie infectieuse oscille entre 95 et 99%.

Méfiance

Le scandale des pochettes de sang infectées, en France vers la fin des années 1990, n’a pas aidé les Français et plus largement les pays développés à reprendre confiance dans leur système de santé, et ce, malgré les conseils des autorités. À titre d’exemple, même les médecins généralistes français semblent sceptiques quant à la réelle utilité du vaccin. La preuve: une étude publiée en 2015 soulignait que, suivant les vaccins non obligatoires, 16 à 43% d’entre eux disaient ne pas conseiller systématiquement voire ne jamais recommander la vaccination aux patients concernés.

Fatalement, ce mouvement de méfiance donne lieu à une recrudescence du nombre de malades. Des centaines de cas de rougeole ont ainsi été diagnostiqués aux États-Unis en 2014 et un Américain en est même mort en 2015, alors que les scientifiques déclaraient en 2000 que la maladie avait disparu. Idem en France: entre janvier 2008 et avril 2015, 24.000 cas de rougeole ont été déclarés et dix personnes sont décédées. Car, malgré les nombreuses campagnes visant à inciter les populations à aller se faire vacciner, parfois assorties de lois plus ou moins handicapantes comme dans certains États d’Amérique, il subsiste quelques farouches opposants au vaccin.

Mise à jour du 31 mars 2016 à 14h30: une première version de cet article indiquait à tort que le Rwanda serait mieux protégé que la France face à une épidémie de grippe; il s’agissait en fait de la rougeole.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte