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Trump dit qu’il punira les femmes qui avortent... puis change d’avis

Repéré par Claire Levenson, mis à jour le 31.03.2016 à 9 h 46

Repéré sur MSNBC

Le candidat à l’investiture républicaine essaye de faire oublier ses déclarations «pro-choix» mais n’arrive pas non plus à satisfaire les «pro-vie».

À gauche, des manifestants pro-choix, à droite, leurs opposants pro-vie, devant la Cour suprême, à Washington D.C., le 2 mars 2016 | Drew Angerer/GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP

À gauche, des manifestants pro-choix, à droite, leurs opposants pro-vie, devant la Cour suprême, à Washington D.C., le 2 mars 2016 | Drew Angerer/GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP

Lors d’une interview sur la chaîne MSNBC mercredi 30 mars, le journaliste Chris Matthews a demandé à Donald Trump de préciser sa position sur l’avortement. Trump a expliqué qu’il était «pro-vie» et qu’il fallait interdire l’avortement même si cela signifie, admet-il, que l’«on reviendra à une situation comme avant, et [que] peut-être les gens iraient dans des endroits illégaux».

Le journaliste lui demande alors comment il gèrera cette illégalité:

«Est-ce que vous croyez en une punition contre l’avortement, oui ou non par principe?

—La réponse est qu’il faut une forme de punition.

—Pour la femme?

—Oui.

—Dix centimes? Dix ans? Quoi?

—Je vais vous dire. Je sais pas. Ça, je ne sais pas. Je ne sais pas.»

Moins de trois heures après avoir fait cette déclaration extrême, l’équipe du milliardaire a publié un communiqué revenant en arrière et expliquant que ce sont les médecins, pas les femmes, qui doivent être tenus responsables légalement:

«La femme est la victime dans ce cas, tout comme la vie dans son ventre.» 

Slate.com s’est ainsi moqué de ce revirement:

«Trump publie un communiqué pour dire que Trump est en désaccord avec l’idée de Trump de punir les femmes qui ont avorté.»

«Je déteste le concept d’avortement»

Les opposants du milliardaire new-yorkais, aussi bien démocrates que républicains, avaient déjà tous condamné ces propos, même les groupes anti-avortement. Comme le rappelle Politico, les pro-vie sont plutôt en faveur d’une condamnation des médecins qui procurent les avortements, car ils ne veulent pas donner l’impression d’être trop durs à l’égard des femmes.

Les rivaux républicains de Trump tentent depuis plusieurs mois de le discréditer auprès des électeurs conservateurs en rappelant qu’il a autrefois exprimé des positions pro-avortement. Dans plusieurs publicités de campagne, le candidat ultraconservateur Ted Cruz et ses alliés ont en effet cité un extrait d’une interview de 1999 dans laquelle Trump expliquait qu’il était «pro-choix», donc en faveur de l’avortement légal. Dans ce même entretien, Trump disait aussi que, bien qu’il soutienne la possibilité de ce choix, il était moralement opposé à l’avortement: 

«Je déteste le concept d’avortement. Je déteste tout ce que ça représente.»

En 2013, il avait déclaré dans une interview radio qu’il ne considérait pas la question de l’avortement comme quelque chose de très important pour lui.

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