France

Epad: Jean Sarkozy et son camp face à la polémique

Slate.fr, mis à jour le 06.11.2009 à 14 h 39

La nomination attendue de Jean Sarkozy à la tête de l'EPAD nourrit un débat intense depuis sa mise à jour par le Point la semaine dernière. Le gouvernement, les proches du fils du président de la République, Nicolas Sarkozy lui-même ont resserré les rangs.

Jean Sarkozy a contre-attaqué mardi, en accordant plusieurs interviews. Dès le matin, il demande aux lecteurs de Metro de le juger sur ses actes. Dans les colonnes du Parisien, il se présente presque en martyr: «Quoi que je fasse, je serai toujours critiqué», déclare le jeune président du groupe UMP au conseil général des Hauts-de-Seine, qui sera ce mardi soir l'invité du 19/20 sur France 3 Ile-de-France.

Pendant que le fils du Président s'explique, le Premier ministre François Fillon questionné sur RTL réplique par une petite explication de texte: «J'entends toute la journée sur les ondes depuis hier [lundi] soir, dire que le président est nommé. Le président n'est pas nommé. Il est élu et il est choisi, c'est la loi qui le dit, parmi les élus du conseil général des Hauts-de-Seine. » Sa réponse est aussitôt passée au crible par Rue89: non, le président de l'Epad n'est pas forcément élu parmi les élus.

Mardi après-midi, le chef de l'Etat lui-même prend la défense de son fils à la fin de son discours consacré à l'éducation et à la réforme des lycées: «Tout ce qui donne en pâture une personne, sans fondement, de façon excessive, c'est jamais bien». Il est aussitôt mis face à ses contradictions par de nombreux internautes qui ressortent ses propos sur «les nominations irréprochables» qu'il avait promises pendant sa campagne présidentielle.

Les autres responsables de l'UMP ont également donné de la voix pour défendre le poulain de Neuilly. Frédéric Lefebvre et Xavier Bertrand avaient été les premiers à assurer que Jean Sarkozy était «légitime» pour ce poste. Ils ont été suivis par Jean-François Copé, chef du groupe UMP à l'Assemblée Nationale, qui a même rappelé à l'ordre Pierre Cardo, un des rares membres de la majorité à avoir exprimé une opinion dissidente sur ce point.

Mais tous ces efforts n'ont pas mis un terme à la polémique. L'opposition continue de crier son indignation: pour Jean-Paul Huchon, «on se permet absolument tout, sans vergogne et sans retenue». Le président PS du conseil régional d'Ile-de-France rappelle que «pour diriger un établissement de ce type, il faut avoir un peu d'expérience quand même, de l'expertise financière, notamment, immobilière» et qualifie la nomination de Jean Sarkozy de «dérive monarchique». La secrétaire nationale du PS Martine Aubry, elle-même attaquée en tant que «fille de...» par Frédéric Lefebvre, s'insurge et dénonce un «népotisme». Quant au Net, relais continu du débat — et de l'indignation, il a permis à une pétition de recueillir plus de 43.000 signatures.

Image de une: lors d'une exposition sur le Grand Paris, en juin 2009. Philippe Wojazer / Reuters


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