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Susan Sarandon soutient Bernie Sanders mais pense que Donald Trump pourrait précipiter la révolution

Susan Sarandon lors d’un meeting de campagne de Bernie Sanders à Las Vegas, dans le Nevada, le 18 février 2016  | JOE RAEDLE/GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP

Susan Sarandon lors d’un meeting de campagne de Bernie Sanders à Las Vegas, dans le Nevada, le 18 février 2016 | JOE RAEDLE/GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP

L’actrice américaine Susan Sarandon soutient le candidat socialiste à la primaire démocrate et il n’est pas sûr qu’elle vote pour Hillary Clinton si c’est elle qui remporte l’investiture.

L’actrice Susan Sarandon soutient passionnément le candidat socialiste Bernie Sanders pour la primaire démocrate. En janvier, elle a fait campagne pour lui en Iowa et, le 28 mars, dans une interview télévisée, elle a déclaré que, s’il n’obtenait pas la nomination du Parti démocrate, elle n’était pas sûre de voter pour Hillary Clinton. Même face à Trump.

Lorsque le journaliste de MSNBC Chris Hayes lui a demandée si elle voterait Clinton, elle a répondu: «Je ne sais pas, je vais voir ce qu’il se passe.» Elle a ensuite clarifié son propos:

«Il y a des gens qui pensent que Donald Trump va amener la révolution immédiatement; s’il est élu, les choses vont vraiment exploser.»

Le journaliste a alors remarqué qu’elle adoptait le modèle léniniste d’«exacerbation des contradictions» afin de précipiter le changement et lui a demandé si ce n’était pas un peu «dangereux», ce à quoi elle a rétorqué:

«C’est dangereux de croire qu’on peut continuer ainsi avec la police militarisée, les prisons privatisées, la peine de mort, le salaire minimum bas, les menaces aux droits des femmes, et de penser qu’on ne peut pas faire quelque chose pour changer ça.»

Renvoi dos à dos

Depuis, elle a précisé que ne pas voter pour Hillary Clinton ne voulait pas dire qu’elle voterait pour Trump mais, pendant l’interview, elle suggère que Clinton, qui a accepté de l’argent de grandes entreprises, de lobbys et de milliardaires, fait trop partie du système pour vraiment vouloir le changer.

Sur Slate.com, Michelle Goldberg compare ce renvoi dos à dos de Clinton et Trump à la position des communistes allemands dans les années 1930, qui avaient refusé de s’allier aux sociaux-démocrates en proclamant: «Après Hitler, ce sera notre tour!»

C’était aussi la position en 2000 du candidat indépendant Ralph Nader, alors soutenu par Sarandon, qui avait expliqué qu’une élection de George W. Bush (plutôt qu’Al Gore, le candidat démocrate) pourrait être utile pour «mobiliser» les gens:

«Si j’avais le choix entre un provocateur et un anesthésiant, je préfèrerais un provocateur.»

Posture de privilégié

Comme le rappelle The Atlantic, la position radicale de Sarandon semble être plutôt minoritaire chez les supporters de Bernie Sanders. Un sondage publié le 23 mars montre en effet que 78% des démocrates américains ont une opinion favorable de Sanders et 80% une opinion favorable de Clinton.

Les propos de Sarandon ont été très critiqués sur Twitter. Certains ont souligné que nier les différences entre Clinton et Trump était une posture de personne ultra privilégiée:

«Ça doit être sympa d’“exacerber les contradictions” sans se préoccuper des effets de quatre ou huit ans de cette présidence sur votre famille ou vos droits.»

D’autres ont impliqué que Sarandon avait un peu pété les plombs, en utilisant cette illustration tirée du film Thelma et Louise:

 

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