À très court terme, lutter contre le terrorisme... accroît le terrorisme

Des enquêteurs sur les lieux des attentats de Londres, le 9 juillet 2005. AFP PHOTO/PACO SERINELLIPACO SERINELLI / AFP

Des enquêteurs sur les lieux des attentats de Londres, le 9 juillet 2005. AFP PHOTO/PACO SERINELLIPACO SERINELLI / AFP

Le chercheur Thomas Jensen s'appuie sur quelques modèles mathématiques pour étayer sa théorie.

La plupart d’entre nous se souviennent certainement des attentats du 7 juillet 2005, à Londres. À 8h50, ce matin, une explosion retentit dans le métro, à l’arrêt Moorgate. Au même moment, à quelques secondes d’intervalle seulement, une autre bombe explose dans une autre station, à Russell Square, et encore une autre, à Edgware Road. Une heure plus tard, c’est un autobus impérial qui est pris pour cible. Les quatre attentats font 52 morts et plus de 700 blessés, dévoilant des images de personnes en pleurs, hagardes, perdues à travers la fumée causée par les explosions.

Nous nous souvenons pour la plupart de ces terribles instants. Ce qu’on a oublié, en revanche, c’est que seulement deux semaines après ces tragiques événements, une autre cellule terroriste s’est essayée à la même manœuvre. Sans succès: les engins n’ont pas explosé et ont été détectés par la police.

Apprendre à vivre avec

Un peu comme après les attentats de Bruxelles, la traque de potentiels complices et le renforcement des mesures de sécurité a incité les terroristes à accélérer leurs plans pour commettre au plus vite un second attentat. C’est du moins la thèse que défend le chercheur Thomas Jensen dans le Washington Post, avec force modèles mathématiques, affirmant que la lutte contre le terrorisme aurait pour effet de créer… plus de terrorisme. Du moins, à court terme.

«Quand les autorités se rapprochent des terroristes, qu’elles déjouent des plans d’attaque et arrêtent des suspects, eux réagissent en attaquant plus tôt pour ne pas être pris», écrit-il.

Faut-il pour autant s’empêcher de déployer des efforts après un attentat? Non, répond le chercheur. «Nous devons apprendre à vivre avec le terrorisme. Et il peut être bon de se rappeler qu’il n’y a qu’un très petit risque de devenir victime.»

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