Les pays riches n’ont accueilli que 1,39% des réfugiés syriens

Un jeune syrien à la frontière entre la Grèce et la Macédoine, le 23 février 2016. Robert ATANASOVSKI / AFP

Un jeune syrien à la frontière entre la Grèce et la Macédoine, le 23 février 2016. Robert ATANASOVSKI / AFP

L'ONG et le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés demandent à ces pays d'accueillir au moins 10% des réfugiés du conflit.

Dans un rapport publié le 29 mars, l’ONG Oxfam révèle que seulement 1,39% des réfugiés fuyant la guerre civile en Syrie ont trouvé asile dans les pays riches occidentaux. Depuis le début du conflit qui est entré dans sa sixième année, 129.966 réfugiés auraient reçu une promesse d'accueil, et seuls 67.000 d'entre eux ont été effectivement admis. Dans le même temps, plus de 4,8 millions de Syriens sont réfugiés dans les pays proches du conflit, en particulier dans les pays limitrophes en Turquie, au Liban et en Jordanie.

Dans le détail, seuls trois pays occidentaux, le Canada, l’Allemagne et la Norvège, auraient accueilli plus que leur «contribution équitable», qui est estimée en fonction de la taille de la population de chaque État et de sa santé économique.

Comment expliquer des niveaux aussi peu élevés alors que l’Allemagne seule avait promis d’accueillir un million de réfugiés au cours de l’année 2015? Premièrement, ces réfugiés ne sont pas tous Syriens. Sur le million de migrants passés par l’Allemagne en 2015, environ la moitié –484.000– venaient de Syrie. Une moitié d’entre eux auraient alors déposé une demande d’asile. Selon le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, du début du conflit à décembre 2015, l’Allemagne a enregistré plus de 218.000 demandes d’asile. En bout de course, selon les chiffres d’Oxfam, les admissions légales dans ce pays concernent 41.216 réfugiés.

La France, loin derrière

Après avoir annoncé que le pays accueillerait un million de réfugiés, Angela Merkel a reculé au début de l’année 2016, notamment après l’impact des agressions du nouvel an à Cologne –bien que l'immense majorité des agresseurs n'étaient pas des réfugiés venant d'un pays en guerre. Les contrôles à la frontière avec l’Autriche ont été rétablis et des centaines de réfugiés et de migrants sont renvoyés chaque jour.

Oxfam a publié ce rapport à la veille d'un conférence internationale sous l'égide du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, et appelle les pays riches à accueillir au moins 10% des réfugiés du conflit syrien d'ici la fin de l'année 2016, soit 480.000 personnes considérées comme les plus vulnérables.

La France est loin de faire partie des mauvais élèves. Elle n'accepte selon Oxfam que 4% de sa part. Selon les chiffres compilés par Le Monde, la France a accueilli 10.000 réfugiés syriens sous divers statuts depuis le début de la guerre en 2011, dont 1.800 ont obtenu un visa d'asile en 2015.

Partager cet article