Slatissime

Si vous voulez vraiment prendre des vacances, partez seul

Sandie Dubois et Raphaëlle Elkrief et Hugo Lindenberg et Stylist, mis à jour le 07.08.2016 à 15 h 14

Adieu les emmerdes.

Ocean à soi | Michael Malz via Flickr CC License by

Ocean à soi | Michael Malz via Flickr CC License by

Autrefois connotées dernier stade de la lose, les vacances en solo sont en passe de devenir la seule vraie manière de voyager quand on a une âme. En février, l’étude TripBarometer/Ipsos révélait que 17 % des sondés partiront en voyage seuls en 2016. Chez les jeunes adultes, la tendance est encore plus forte: selon le géant du marketing touristique MMGY, ils sont 37 % à envisager des vacances solo.

Après tout, Louise aurait eu moins d’emmerdes sans Thelma, Robinson s’en sortait très bien sans Vendredi et Rousseau n’aurait jamais écrit Les Rêveries du promeneur solitaire si un pote lourd lui avait tenu la jambe. Les blogs spécialisés «solo» se multiplient et les profils n’ont rien à voir avec la situation maritale. Ce qui prévaut, c’est le goût de l’expérience. Carine Keyvan, journaliste du Routard.com, détaille:

«Les routarnautes sont de plus en plus nombreux à demander des conseils sur le voyage en solitaire. Cela fait partie des filtres de recherche comme “climat” ou “transport”.»

Une tendance qui va durer? «Oui, poursuit-elle, notamment car les voyages au long cours comme les années sabbatiques ou les breaks entre deux jobs augmentent aussi.» Tentée? Tous les conseils pour un bon ego trip.
 

1.Connaître les secrets du solo club

Payer moins: depuis des années, les voyageurs solos pestent contre la «single tax», supplément souvent imposé aux solitaires quand ils bookent une chambre d’hôtel. Si la sensation de «payer votre solitude» vous rend malade, certaines agences (Marmara, Look Voyage) proposent des séjours avec des lits simples sans supplément pour des chambres individuelles. Et des sites comme Cpournous.com ou Soloways.net regroupent des solos entre eux pour faire baisser la note (vous pouvez piocher des bons plans sur des blogs comme Solotravelerblog.com).

Se faire surclasser: seule, vos chances de passer en business sont plus élevées. En respectant trois règles: embarquez en dernier, jouez-la low profile (on sourit au chef de cabine) et ne prenez pas vos aises. Si, à peine installée, vous traînez en chaussettes, masque de nuit sur le front, il y a peu de chance qu’on vous invite en business pour équilibrer un vol surbooké.

Se dire les choses: si vous utilisez Trip Advisor, pensez à mettre le filtre «voyageurs solo», pour que «ce  super hôtel, confortable et super petit déj» de @papadoudou vous apparaisse pour ce qu’il est vraiment: «Un camp de vacances pour familles nombreuses, à éviter à tout prix.» Merci @solopride.
 

2.Se payer des amis

Vous n’avez pas l’intention de sympathiser avec des backpackers qui sentent mauvais ? Ce n’est pas une raison pour rester seule.

Mettre le prix: aucune envie de vous taper la tournée des guest houses à la recherche de travel buddies? Puisque tout s’achète, investissez dans un compagnon en louant un ami. Essayez le site Rent a Local Friend qui vous permet de sélectionner des amis en fonction de vos affinités à partir de 50 dollars par jour. Et si vous êtes à Tokyo, choisissez la version locale avec Client Partner ou Support One.

Réseauter: si vous êtes radine, essayez les réseaux sociaux pour voyageurs. Partout dans le monde, des Greeters locaux offrent bénévolement des balades à la découverte de leur ville (Globalgreeternetwork.info). Vous pouvez aussi télécharger l’appli Trippr, le Tinder des backpackers, ou vous rendre sur Wandermates.com qui met aussi en contact des voyageurs solos.

Se faire un plan meuf: trouvez une nouvelle BFF pour faire culpabiliser celle qui n’a pas voulu vous accompagner avec l’appli Tourlina (oui, on dirait un nom de maladie) ou la communauté Sheswanderful.com (7 dollars par mois).

 

3.Choisir des endroits où vous ne vous sentirez pas seule

Parce qu’il n’y a pas de place pour deux:

-Le Cityhub d’Amsterdam, auberge de jeunesse high-tech, propose des chambres/cabines privées à deux pas du quartier Negen Straatjes. Les douches sont communes, mais le WiFi de l’hôtel (gratuit) est accessible dans toute la ville. Cityhub.com (de 55 à 120 euros la nuit).

-Le Central Hotel & Café à Copenhague est une petite maison avec une seule chambre. Alors certes, il y a un lit double, mais c’est quand même plus chouette d’avoir l’impression d’être l’unique tenancier du café adorable du rez-de-chaussée. Centralhotelogcafe.dk (environ 240 euros avec le petit déj).

-The Jane à New York est un ancien hôtel pour marins, ces chanceux sans port et sans attaches. Il propose aujourd’hui des petites cabines, avec la place pour dormir et poser sa valoche. On va quand même pas se marcher dessus. Thejanenyc.com (à partir de 90 euros la nuit).

Parce que ce sont des plaisirs qui ne se partagent pas:

-L’Eremito dans le minuscule village de Parrano en Italie est un ancien couvent reconverti en hôtel de luxe qui vous permet d’assouvir votre délire Mange, Prie, Aime. Sessions de méditation, repas silencieux, détox du colon et chants grégoriens : votre propre respiration risque d’être de trop. Eremito.com (à partir de 145 euros la nuit).

-Bed and Books, la version maison d’hôtes de l’auberge/bibliothèque tokyoïte (Bookandbedtokyo.com) se situe à Tromsø, en Norvège. Vous dormez au milieu des livres et clairement, on comprend que vous n’ayez pas envie de quelqu’un pour vous interrompre. Bedandbooks.no (à partir de 70 euros).

Parce qu’il y a quelqu’un pour s’occuper de vous:

-Le Riad Star à Marrakech, ancienne demeure de Joséphine Baker est devenue une maison d’hôtes dont les propriétaires ont développé une appli (traduite en neuf langues) pour se repérer dans la medina voisine. On vous fournit aussi un téléphone prépayé pour vous joindre si vous êtes perdus. Et en plus, vous avez droit à des refill illimités de thé à la menthe. marrakech-riad.co.uk (dès 110 euros si vous partez last minute).

Le Virgin Hotels de Chicago, nouveau joujou de Richard Branson, a prévu une application, Lucy, sorte d’assistant personnel virtuel qui s’occupe de tout (appeler le room service, vous indiquer où sortir). Vous pouvez même chatter avec des gens de l’hôtel sans quitter votre chambre. Prochaines ouvertures à Nashville et New York. Virginhotels.com (environ 200 euros la nuit).

-Le Henn-na Hotel (hôtel «étrange» si l’on traduit en français), est situé dans la province de Nagasaki au Japon. Il est tenu par une bande de joyeux lurons, robots de leur personne. Ils vous attendent à l’accueil, prennent vos bagages, pendant qu’un drone vous apporte une collation. h-n-h.jp/en (à partir de 90 euros la nuit).

 

4.
Gérer son storytelling

Tout le monde le sait, dix jours au bout du monde, c’est autant de coolness à imposer à la face de vos followers. À condition de ne pas faire pitié parce qu’on est seule.

Préparez le terrain: vous pouvez vous aider de l’application Gowiz, un Facebook pour voyageurs dédié à l’échange de bons plans et de bonnes adresses à travers le monde. On n’a pas fait mieux pour teaser un voyage. Pour être sûre de savoir quand poster vos chefs-d’œuvre, utilisez le site Hopperhq.com qui vous permet de programmer l’heure de vos posts (ne jamais sous-estimer les bad buzz dus à un décalage horaire mal calculé). Enfin, pour les puristes qui trouvent qu’un bras sur un selfie mal cadré, c’est pire qu’un photobomb qui vous volerait la vedette, mettez les moyens en vous payant les services d’un photographe pro, missionné pour immortaliser vos moments d’éclate et d’introspection sur le bord d’un rocher (Mypixtime.fr, 339 euros les quatre heures ; Elcamino.travel pour les voyages en Amérique latine, environ 2 .00 euros la presta).

Ne sombrez pas dans la caricature:
-L’écolier de la vie. Ancien meilleur jongleur du lycée de Cholet, il a beaucoup bourlingué. Quand vous lui demandez de quoi il vit, il plisse les yeux avec un sourire entendu en vous répondant que «relax meuf, on est ici pour vivre une expérience». Très content de raconter ses voyages, il a «fait» le Népal, Katmandou ou l’Inde.

-La breakeuse: étudiante en troisième première année de communication dans un pays du G20, elle traverse le tiers-monde pour décompresser à bas coût. Elle ne connaît pas toujours le nom de la ville où elle se trouve, vit surtout la nuit et ne parle jamais aux locaux, sauf pour marchander sauvagement.

-L’explorateur: né deux siècles trop tard, ce doctorant en géo un peu foutraque arpente les rues des anciens comptoirs coloniaux à la recherche des vestiges d’un monde englouti en soûlant tous les routards avec son projet d’ONG Grain de livre «pour planter le gène de la lecture chez les enfants des rues».

Sachez retisser des liens: après votre ego trip, vos proches attendent au moins un magnet en guise de calumet de la paix. Évitez le supplément bagage avec ces cinq objets à acheter en ligne qu’on croirait venus d’ailleurs: un tapis berbère de votre excursion dans l’Atlas (chopé chez Fleux); du jus de bissap de votre séjour au Sénégal (acheté chez Merci); des produits Granado, denrée phare du Brésil, rapportés de votre escapade à Jericoacoara (sur le site du Bon marché); des Reeses, des Lucky Charms, des macandcheese et autre gastronomie US (en ligne ou dans certains Franprix).

Sandie Dubois
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