Culture

Avé Murat, ceux qui ont vu mourir 2015 te saluent

Eric Nahon, mis à jour le 09.04.2016 à 19 h 41

Du 7 janvier au 13 novembre, le chanteur revisite la façon dont l'année écoulée a pesé sur l'enregistrement de son «Morituri». Entretien.

Photo: Frank Loriou.

Photo: Frank Loriou.

Non, Jean-Louis Murat n’a pas écrit sur le 13 novembre 2015. Pourtant, la chanson «Interroge la jument», qui parle d'un massacre en terrasse, est née bien avant les attentats de Paris. Non, Jean-Louis Murat ne lit pas non plus l’avenir dans une boule de cristal. Pas de prescience, mais une conscience aigüe de l’actualité et de l’histoire.

Après avoir chanté l’an dernier sa région dans Babel, le chanteur français a, pour la première fois, voulu raconter l’année en cours. Le disque s’appelle Morituri, ce mot latin signifiant «ceux qui vont mourir». Tout au long de l’année, Murat a pris des notes, écouté la radio, lu la presse et mis l’actualité en résonance avec l’Histoire qu’il chérit. A l’inverse des chanteurs centrés sur leur nombril ou de ceux «engagés», il a trouvé une voie médiane et s'est mis «hors-jeu».

Ses textes, ultra-référencés, sont à la fois instinctifs et travaillés. Il faut une écoute attentive pour en capturer les nuances. Mais comme dans toute poésie, chacun peut aussi y trouver ce qu’il y cherche. Jean-Louis Murat nous donne quelques clefs sur son année 2015, en refusant tout propos «politique» et toute idéologie («Cette manie française», tacle-t-il). Morituri a voulu jouer sur la sensation et les impressions qu’ont pu nous laisser cette drôle d’année. Attention, ça colle.

Eric Nahon
Eric Nahon (33 articles)
Journaliste
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