Attentats de Bruxelles: un dessin pointe notre manque de solidarité avec la Turquie

Sur les réseaux sociaux circule une version détournée du dessin de Plantu.

Après les attentats terroristes qui ont fait au moins 34 morts à Bruxelles le 22 mars, Plantu a réalisé un dessin, très partagé, montrant la Belgique et la France pleurant ensemble leurs morts.


Très vite, une autre version de ce dessin a commencé à circuler sur les réseaux sociaux turcs, rapporte The Independent. Se joignant à la France et à la Belgique, on y voit la Turquie qui pleure aussi, avec quatre dates d'attentats récents, entre octobre 2015 et mars 2016.


Nous avons une version mise à jour du dessin.

Cible de l'État islamique et d'indépendantistes kurdes, la capitale turque d'Anakara a, en effet, subi en six mois trois attaques terroristes: des attentats-suicide ont tué 103 personnes à Ankara le 10 octobre 2015, une voiture piégée a fait plus de vingt-huit morts le 17 février 2016, et une autre explosion a tué trente-sept personnes le 13 mars. Le 19 mars, cinq personnes sont mortes dans un attentat-suicide à Istanbul.

Dans The Independent, la journaliste Yasmin Ahmed demande:

«Il y a un malaise alors que nous partageons le dessin de Plantu montrant la France qui exprime sa solidarité avec la Belgique. Où était notre dessin pour ceux qui sont morts en Turquie aux mains des teroristes? Pourquoi est-ce que Downing Street n'a pas hissé le drapeau turc après les atrocités à Ankara?»

Alors que les attaques en Turquie ont été largement couvertes par les médias, la réaction de solidarité a été moins intense qu'après les attaques de Paris et de Bruxelles. Dans The Guardian, après les attentats du 13 mars à Ankara, une journaliste basée en Turquie demandait: «Où est le moment “je suis pour Ankara?»

Sur Facebook, un Anglais vivant à Ankara avait aussi appelé à plus d'empathie pour les victimes turques, et son post avait été partagé plus de cent mille fois. Il y écrivait:

«Ankara n'est pas une zone de guerre, c'est une ville normale, moderne et dynamique, comme n'importe quelle autre capitale européenne...Pour les attentats terroristes à Londres, à New York et à Paris, il est très facile de ressentir la douleur et la tristesse des victimes, alors pourquoi pas pour Ankara aussi? Est-ce que c'est parce que vous ne réalisez pas qu'Ankara n'est pas différente de ces autres villes?»

 

Partager cet article