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On peut produire de l'électricité grâce à des tomates pourries

Tomatoes | Oregon State University via Flickr CC License by

Tomatoes | Oregon State University via Flickr CC License by

C'est la découverte d'une équipe de chercheurs américains.

Voilà une nouvelle source d’électricité potentielle: les déchets de tomates issus de la transformation et les tomates abîmées, impropres à la vente. Une équipe de chercheurs a présenté un projet pilote la semaine dernière, lors de la réunion annuelle de l’American Chemical Society, réalisé grâce à des restes de tomates venant des récoltes de Floride. Cet état américain génère en effet 396.000 tonnes de déchets de tomates chaque année.

Venkataramana Gadhamshetty, l’un des scientifiques de l’équipe, a cherché une solution à ce gros problème:

«Nous voulions trouver un moyen de traiter des déchets qui, lorsqu’ils qu’ils sont déversés dans les décharges, peuvent produire du méthane –un gaz à effet de serre puissant– et quand ils sont déversés dans les cours d’eau, peuvent créer des problèmes majeurs de traitement de l’eau».

L’équipe a donc développé une pile à combustible qui peut exploiter les déchets de tomates pour générer du courant électrique. Modern Farmer explique que «les piles à combustible biologique utilisent des bactéries –de véritables choses vivantes– pour générer de l’électricité». Ainsi, dans cette «pile à bactérie», un processus d’oxydation, déclenché par des bactéries qui interagissent avec les tomates pourries, libère des électrons qui sont capturés par la pile à combustible, et deviennent une source d’électricité.

Encore des progrès à réaliser

En outre, comme le précise Modern Farmer, «dans la plupart des piles à combustible biologiques, il doit y avoir ce que l’on appelle un médiateur, une sorte de composé chimique qui peut transférer les électrons vers l’électrode, où ils peuvent être utilisés sous forme d’électricité. La plupart des médiateurs, comme les thionines, sont toxiques, mais les tomates présentent un composé appelé lycopène, qui sert de bon médiateur intégré». Ce pigment naturel de la famille des carotènes joue donc un rôle essentiel.

Pour l’instant, inutile d’espérer pouvoir éclairer toute la Floride avec des tomates pourries. Leur dispositif test peut produire 0,3 watts d’électricité avec 10 milligrammes de déchets de tomates. Mais les chercheurs affirment qu’en continuant les recherches, la production électrique pourrait être augmentée «de plusieurs ordres de grandeur». Selon les calculs de Namita Shrestha, autre scientifique de l'étude, les déchets de tomates générés chaque année en Floride pourrait répondre à la demande d’électricité du parc d'attraction Walt Disney World pendant 90 jours, en optimisant au mieux le processus.

Comme le souligne Modern Farmer, plusieurs scientifiques et industriels ont déjà essayé de recycler les déchets de tomates, en faisant par exemple un compost… servant à faire pousser d’autres tomates. Ford et Heinz essayent quant à eux de transformer les restes de tomates en bioplastiques qui pourraient servir à fabriquer des voitures.

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