«Un chaos indescriptible», «du sang partout»: les premiers témoignages après les attentats de Bruxelles

Des victimes des attentats du 22 mars 2016 sont évacués de l'aéroport de Zaventem-Bruxelles. AFP / DIRK WAEM / Belga

Des victimes des attentats du 22 mars 2016 sont évacués de l'aéroport de Zaventem-Bruxelles. AFP / DIRK WAEM / Belga

Les personnes présentes sur les lieux des attentats ont commencé à témoigner dans les médias.

Quelques heures à peine après les attentats qui ont coûté la vie à au moins 29 personnes à l’aéroport Zaventem-Bruxelles et dans la station de métro Maelbeek, les premiers témoignages des survivants commencent à émerger dans la presse locale et internationale. À chaque fois, les victimes évoquent le bain de sang cauchemardesque qu'ils ont affronté.

«J’ai vu une dame, […] elle paraissait coupée en deux par l’explosion»

Le journal belge La Libre Belgique relaye des témoignages édifiants de personnes présentes près du comptoir de Brussels Airlines au moment des explosions. Alphonse explique avoir «vu une dame qui était sur l’escalator menant au niveau des arrivées. Elle paraissait coupée en deux par l’explosion». «Elles ne voulaient pas me lâcher, dira-t-il aussi de deux personnes âgées lui demandent de l’aide. Je les ai mises dans l’ascenseur, puis j’ai sorti cinq personnes. Elles étaient blessées ou mortes. J’ai retiré deux policiers avec les jambes broyées. Il y avait beaucoup de blessés, surtout des gens aux jambes coupées. Je suis sous le choc.»

«J'ai aussi entendu quelqu'un crier en arabe mais je n'ai pas compris ce qu'il a dit, raconte de son côté Alphonse Youla, employé de l’aéroport de 40 ans, qui a démarré sa journée à 4 heures du matin. Il régnait un chaos indescriptible, les plafonds se sont effondrés et il y avait des victimes partout. J'ai aidé à transporter cinq personnes décédées dehors, il y avait également beaucoup de blessés, des gens dont les jambes avaient été arrachées.»

À lire sur La Libre Belgique: «Réactions à Zaventem: "Une dame coupée en deux, deux policiers avec les jambes broyées"»

«Partout, il y avait des corps sans tête»

Bonour Bilal, âgé de 28 ans, travaille à l’Auto Grill. Son témoignage, publié par le site Politico, est peut-être l’un des plus effrayant recueillis jusque-là. «Partout il y avait des corps sans tête. Il y avait une femme qui criait en tenant son bébé, et elle criait “Où est mon bébé?“ Je lui ai dit qu’elle tenait son enfant dans les bras, mais elle a dit qu’elle en avait un autre qu’elle ne pouvait pas trouver.»

Yassinne Amrani dort dans le parking de l’aéroport. Il était parti utiliser une salle de bains à l’intérieur quand les explosions ont retenti. «J’ai vu une femme d’environ 18 ans avec un trou dans la main et du sang qui coulait, et un homme avec une cheville blessée et deux personnes par terre. Il y avait beaucoup de panique, les gens couraient dans tous les sens.»

À lire sur Politico: «Les témoins de la terreur à Bruxelles, dans leurs propres mots»

«Run, run, terrorist»

Devant plusieurs caméras à l’extérieur de l'aéroport, deux jeunes filles expliquent qu’un homme a crié «Fuyez, fuyez, un terroriste» juste avant la première explosion. «Quelqu'un a sauté par-dessus une barrière en criant “Run, run, terrorist“ et une bombe a explosé. Tout le monde s'est mis à courir en un mouvement de foule. Les gens se sont arrêtés. Puis la seconde explosion a retenti.»

À lire sur Le Vif: «Attentats de Bruxelles: un calme glaçant après la tempête meurtrière»

«Un enfant est arrivé, il saignait beaucoup.»

Une femme malaisienne, qui voyageait avec son fils, était dans la file d’attente pour reprendre l’avion de la compagnie Etihad Arways. Au New York Times, elle explique qu’elle était «très proche» de la première explosion. «J’ai dit à mon fils [atteint du syndrome de Down] “Tu dois courir“. Il m’a dit “Mes jambes me font mal“. Je pense qu’il était paniqué. J’ai laissé mon bagage, je l’ai attrapé et on a fui. Mais avant que je sorte, il y a eu une deuxième bombe.»

Ilaria Ruggiano, elle, était avec six autres personnes, arrivées un peu en retard à l’aéroport:

«Nous avons entendu un gros bruit, et avons vu un gros flash. Ma mère est tombée par terre, elle était touchée. J’ai lâché ma valise et je me suis jetée par terre. Un garçon est arrivé, il saignait beaucoup. J’ai essayé de l’aider avec un mouchoir, mais ce n’était pas assez. Il y avait deux bombes.»

À lire sur le New York Times: «Brussels Airport and Subway Attacks Kill 34; ISIS Claims Responsibility»

«Je ne savais pas où donner de la tête. Il y avait des gens en sang partout.»

Du côté de Maelbeek, cette station de métro où une autre bombe a explosé dans un wagon, la situation était tout autant chaotique. Philippe D., un secouriste d'entreprise, travaillait à proximité de la station. Au site du Vif, il raconte son arrivée dans le wagon, avant même les ambulances. «À la sortie de la station, raconte-t-il, il y avait les personnes qui étaient parvenues à sortir toutes seules du métro. Je dirais qu'il y en avait une dizaine. Je ne savais pas où donner de la tête. Il y avait des gens en sang partout. Je me suis occupé d'une dame d'une quarantaine d'années, qui était fort blessée au visage. J'ai voulu m'occuper aussi d'une femme japonaise qui était littéralement en sang, mais je n'en ai pas eu le temps. Je le regrette terriblement.»

À lire sur Le Vif: «Maelbeek : témoignage exclusif d'un secouriste volontaire»

«C'est la guerre»

Sur le site de La Libre, des témoignages plus tardifs sont ensuite arrivés sur ce qu'il s'est passé au métro. «C'est la guerre, c'est indescriptible. Tout est en morceaux, tout est détruit. En une quarantaine d'années de métier, c'est la chose la plus grave que j'ai vue», raconte au site Pierre Meys, le porte-parole des pompiers de Bruxelles.

À lire sur le site de La Libre: «Explosions au métro de Maelbeek: une situation "extrêmement chaotique" (PHOTOS & VIDEOS)»

Partager cet article