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Attentats de Bruxelles: l’hypothèse d’une réplique à l’arrestation de Salah Abdeslam est-elle crédible?

La police belge près de la scène où Salah Abdeslam a été arrêté à molenbeek, le 18 mars 2016. DIRK WAEM / BELGA / AFP

La police belge près de la scène où Salah Abdeslam a été arrêté à molenbeek, le 18 mars 2016. DIRK WAEM / BELGA / AFP

L'arrestation du dernier participant des attentats de Paris a pu, selon plusieurs commentateurs, accélérer la perpétration d'attaques contre la Belgique prévues de longue date.

Les attentats qui ont frappé l’aéroport et le métro de Bruxelles et ont d’ores et déjà coûté la vie à au moins 29 personnes, selon un bilan provisoire, sont-ils un acte de revanche à l’arrestation de Salah Abdeslam? La police belge avait, le 18 mars, mis fin à la cavale du dernier participant des attentats du 13 novembre, l’arrêtant dans le quartier de Molenbeek où il se cachait.

Il est tentant de voir dans le court délai qui sépare cette arrestation des explosions du 22 mars un lien de cause à effet, et plusieurs médias s’interrogent sur le sujet.  

«Coïncidence? Vengeance organisée?» La Libre Belgique écrit que, selon le journaliste Roland Planchar, qui a couvert les affaires de terrorisme pour le quotidien belge, il y a tout lieu de croire que les terroristes ont considéré l'arrestation de Salah Abdeslam comme un élément déclenchant. La «grande victoire» que constitue cette arrestation pour les médias et responsables politiques belges «a été ressentie par les milieux djihadistes comme une “grande provocation et cela a pu jouer dans leur détermination». L’hypothèse est que des attentats contre Bruxelles étaient en préparation, mais que l’arrestation du terroriste français aurait accéléré les choses, certains djihadistes poursuivis ayant «pu se dire que plutôt qu'attendre de se faire attraper, il fallait agir et vite.»

C’est aussi sur le mode interrogatif que le Guardian fait le lien entre arrestation d’Abdeslam et attaques du 22 mars, souligne Courrier International qui consacre une revue de presse à l’hypothèse qui a le vent en poupe dans les journaux européens. Selon le quotidien britannique, «pour les terroristes, le but est de montrer qu’ils peuvent encore terroriser et mobiliser avec violence. Il ne s’agit pas tant de vengeance, que de volonté de démontrer une capacité toujours vivace [à frapper]».

Le rapprochement des deux événements ne convainc pas pour autant tous les commentateurs. Ainsi du journaliste de France 24 Wassim Nasr, qui explique dans cette vidéo (en anglais) que la planification d’un tel double-attentat ne pouvait avoir été menée dans les quelques jours qui ont suivi l’arrestation d’Abdeslam. «Ce n’est pas une opération de vengeance», explique-t-il, précisant que «peut-être, l’arrestation d’Abdeslam a accéléré les choses, les a fait agir plus vite»… Ce qui ne signfiie pas, précise encore le journaliste, que les différentes cellules opérantes se connaissent toutes entre elles.

C'est aussi l'avis d'un spécialiste du renseignement, Jacques Raillane, connu pour ses analyses publiées sur son blog Abou Djaffar, remarque RTL. «On peut éventuellement penser à un passage à l'acte accéléré, mais c'est tout», affirme-t-il sur twitter.

Si la tentation de d’interpréter les actes terroristes comme des signes envoyés à l’ennemi est forte, c’est parce que l’histoire du terrorisme est justement truffée de références symboliques, parfois manifestes. Ainsi de l’explosion près de la station de métro Maison-Blanche à Paris en 1995, qui fait 13 blessés le jour de l’enterrement du terroriste algérien Khaled Kelkal. Lequel avait été tué une semaine plus tôt par un groupe d'intervention de la gendarmerie, l'EPIGN.… dans un lieu-dit dénommé Maison-Blanche au pied des Monts du Lyonnais, rappelait à l’époque Libération, précisant que «Maison-Blanche» est aussi l’ancien nom de l’aéroport d’Alger.

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