Après Bruxelles, l'Allemagne s'attend à être à son tour la cible des terroristes

À Munich, le 1er janvier 2016 I Christof STACHE / AFP

À Munich, le 1er janvier 2016 I Christof STACHE / AFP

Salah Abdeslam et Abdelhamid Abaaoud ont eu plusieurs connexions avec l'Allemagne en parallèle de la préparation des attentats de Paris.

Après Paris et Bruxelles, Berlin pourrait bien être la prochaine cible du terrorisme. La série d'attentats qui a frappé la capitale européenne ce mardi 22 mars ravive la menace qui pèse sur l'Allemagne, où plusieurs projets ont été déjoués ces derniers mois. D'après le quotidien berlinois Der Tagesspiegel, le terroriste français Salah Abdeslam, arrêté la semaine dernière à Bruxelles par la police belge, après quatre mois de traque, pourrait bien avoir planifié des attaques sur le territoire allemand:

«Abdeslam, un des chefs de file des terroristes de Paris, ferait partie d'un réseau formé par l'EI qui aurait été également “explicitement formé à perpétrer des attentats contre l'Allemagne», a déclaré au Tagesspiegel un expert sur les questions de sécurité haut placé.

Un des indices qui prêtent à croire que le terroriste ne comptait pas uniquement s'attaquer à la France est le voyage qu'il a effectué en Allemagne peu avant les attentats de Paris:

«Le Français a quitté la Belgique en octobre 2015 à bord d'une voiture de location pour se rendre à Ulm [une ville du Bade-Wurtemberg, dans le sud-ouest de l'Allemagne, ndlr], où il est allé chercher trois hommes. Ces derniers résidaient dans un foyer pour réfugiés et s'étaient présentés comme des réfugiés syriens. On ignore où se trouvent aujourd'hui ces trois hommes, indiquent des sources du domaine de la sécurité. Abdeslam a en tout cas ramené la voiture en Belgique. Il est possible que ces trois hommes devaient être employés pour commettre les attentats du 13 novembre à Paris ou une autre attaque dans un autre pays. Les pays cités sont la Belgique et l'Allemagne.»

Toujours d'après les sources anonymes que mentionne le quotidien, l'EI aurait créé un réseau d'une trentaine de terroristes divisé en trois groupes pour commettre des attentats en Europe occidentale. Plusieurs indices ont trait à l'Allemagne:

«Plusieurs membres de la première équipe auraient été tués lors d'une attaque aérienne des Américains visant la ville syrienne de Raqqa. […] Au moins une partie du deuxième groupe s'est rendue en France et a commis les attentats de Paris. Huit terroristes sont morts le 13 novembre. Un des instigateurs de l'attaque, le Belge Abdelhamid Abaaoud, a été tué par la police cinq jours plus tard à Saint-Denis. En 2008 et en 2014, il avait séjourné en Allemagne.

 

On ignore qui fait partie du troisième groupe de potentiels attaquants de l'EI. […] Une piste: Abaaoud aurait probablement été placé sous la direction du haut fonctionnaire de l'EI Al Battar al Libi, d'après des sources du domaine de la sécurité. Et il y aurait une photo prise en Syrie sur laquelle Al Battar al Libi est en compagnie de l'Algérien Farid A.. Lui et sa femme ont été arrêtés par la police [allemande] en février dans un foyer pour réfugiés à Attendorn, dans le Sauerland. À première vue, parce qu'un mandat d'arrêt avait été déposé contre lui par l'Algérie, mais Farid A. est également une figure importante dans les enquêtes sur un projet d'attentat à Berlin qui a été déjoué à temps.»

Les autorités allemandes surveillent également de près les ressortissants qui se sont rendus en Syrie et en Irak. En novembre 2015, quelques jours après les attentats de Paris, le président de l'Office fédéral de police criminelle, Holger Münch, avait affirmé que l'Allemagne était désormais «une cible déclarée des terroristes islamistes», comme le rapportait alors le site internet de la radio et télévision internationale Deutsche Welle, et avait précisé qu'environ 750 personnes avaient quitté l'Allemagne pour se rendre en Syrie et en Irak et qu'environ un tiers d'entre elles étaient entre-temps rentrées.

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