Attentats de Bruxelles: la récupération politique est allée très, très vite

Capture d'écran du tweet de Bruno Le Roux.

Capture d'écran du tweet de Bruno Le Roux.

La récupération politique est allée très, très vite.

Les attentats de Bruxelles à peine annoncés, ce mardi 22 mars, plusieurs élus se sont rués dessus en pleine opération, rapide et éhontée, de récupération politique. C’est le cas du député de la Seine-Saint-Denis et président du groupe socialiste Bruno Le Roux, qui en a profité pour taper sur la droite et promouvoir le projet de révision constitutionnelle du gouvernement:

«Je n'avais pas connaissance des attentats quand j'ai écrit mon tweet», a-t-il ensuite affirmé à une journaliste d'I-télé, après avoir été vivement critiqué, notamment par d'autres élus, comme l'eurodéputé socialiste Guillaume Balas et le député PS Yann Galut.

Le député socialiste de la Loire Jean Louis Gagnaire a jugé quant à lui «irresponsable» «après les attentats» que le Sénat (en majorité à droite) «bloque la réforme constitutionnelle par jeu politicien». Il a depuis effacé son tweet, que nous avons capturé via l'application Slack:

La semaine dernière, plusieurs personnalités de gauche s’étaient déjà saisies de l’arrestation d’Abdeslam pour défendre la «déchéance pour tous», comme l’avait noté Le Figaro. «Je constate qu'aujourd'hui, (les sénateurs de droite) sont dans la difficulté par rapport à cette arrestation et à la nécessité d'avoir au bout la déchéance de nationalité», a affirmé lundi le premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis. «Alors que la droite au Sénat est revenue à la déchéance pour les seuls binationaux, rappelons que Salah Abdeslam est mononational français», avait elle aussi déclaré la porte-parole du PS Corinne Narassiguin.

Récupération à droite aussi

A droite aussi, la récupération politique des évènements a été vite dégainée, comme au lendemain du 13-Novembre, et avec en partie les mêmes acteurs. Nadine Morano, députée européenne Les Républicains, n’a pas hésité à utiliser le mot «guerre», qui avait pourtant suscité des débats en novembre dernier quant à la pertinence de son utilisation, après les attentats  qui avaient touché le Bataclan et le stade de France:

Encore plus à droite, le maire de Béziers Robert Ménard (du Rassemblement bleu Marine, proche du Front national) a estimé sur Twitter qu’il y avait «peu de chance que ce soit l'oeuvre de militants néo nazis», voulant pointer avant toute information confirmée la mouvance islamiste. Son tweet a déclenché une avalanche de réactions indignées. «Donc vous prenez la défense des Nazis dans ce genre de circonstances», s’est offusqué le comédien Baptiste Lorber. «Vous êtes ridicules avec votre racisme. Des gents (sic) meurent et vous faites de la récupérations (sic) d’extrême droite», s’est emporté un autre twittos. «Il y a les humains qui pleurent pour #Bruxelles et puis les autres», a sobrement commenté un journaliste du HuffPost.

David Rachline, maire FN de Fréjus, a également poussé ses «solutions» en avant: «arrêt de l'immigration et fin de Schengen». «La France n’est pas épargnée par les zones de non-droit du type de Molenbeek», a estimé pour sa part la présidente du Front national Marine Le Pen, en essayant d'établir un parrallèle entre la situation française et la situation belge.

En Grande-Bretagne, l'appel au Brexit

Outre-manche, la récupération politique a pris une couleur différente. Pour Allison Pearson, éditorialiste au quotidien de droite The Telegraphles attentats de Bruxelles justifient un «Brexit», soit une sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne. «Bruxelles, capitale de facto de l'UE, est aussi la capitale du djihadisme. Et ceux qui veulent rester osent dire que nous sommes plus en sécurité dans l'Union européenne!», a-t-elle tweeté. Elle a été accusé ensuite par plusieurs journalistes et élus britanniques d'«utiliser» ces attentats et de s'être exprimé «trop trôt»

Plutôt que d’avancer leur agenda politique, d’autres ont préféré une option plus simple, et moins polémique: l’hommage à la Belgique. «La lâcheté meurtrière terroriste a encore frappé. Horreur, Profonde tristesse et solidarité avec les Bruxellois», a déclaré la coordinatrice du Parti de Gauche, Danielle Simmonet. «Je débute mon discours par une pensée fraternelle pour le peuple belge durement éprouvé ce matin», a twitté le sénateur-maire de Lyon, Gérard Collomb.

Ce papier a été mis à jour à 12h27 avec le tweet de Jean Louis Gagnaire et la réaction de Marine Le Pen.
Il a ensuite été mis à jour pour ajouter les éléments sur le Brexit.

 

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