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Handisport: les athlètes munis d'une prothèse à la jambe droite sont avantagés

L'Américain Richard Browne, recordman du monde du 100m chez les paralympiques. KARIM JAAFAR / AFP.

L'Américain Richard Browne, recordman du monde du 100m chez les paralympiques. KARIM JAAFAR / AFP.

Il y a plus d’un siècle, la fédération internationale d’athlétisme a inscrit dans ses textes l’obligation pour les coureurs de fond et de demi-fond de tourner dans le sens contraire des aiguilles d’une montre («corde à gauche», comme l’affirme le règlement officiel de l’IAAF). Des coureurs de 200m et de 400m se seraient plaints de sensations désagréables dans les virages lorsque leurs courses se déroulaient en sens inverse. Cette préférence pour le sens anti-horaire serait due au fait que l’hémisphère droit du cerveau (qui dirige la partie gauche du corps) gère la perception de l’espace.

Aujourd’hui, ce choix fixé en 1913 commence à poser problème. D’après l’étude menée par Paolo Taboga, un chercheur de l’Université du Colorado, certaines compétitions paralympiques sont caractérisées par des inégalités flagrantes, les performances des coureurs unijambistes de 200m et 400m dépendant de quelle est leur jambe valide. Un athlète muni d’une prothèse à la jambe droite serait plus rapide d’environ 3,9% qu’un athlète de niveau égal dont la prothèse se trouverait à la jambe gauche, les divergences ne faisant que s’accroître dans les couloirs intérieurs (à partir du numéro 1).

La raison invoquée par Paolo Taboga est simple: même si elles sont de plus en plus perfectionnées, les prothèses sont encore trop rigides au niveau du genou, ne permettant pas  aux athlètes de gérer les virages aussi souplement qu’il le faudrait. La jambe «intérieure» étant la plus sollicitée, les athlètes ayant leur jambe valide à gauche seraient donc favorisés…

Or, 3,9% d’une course de 40 secondes, c’est tout de même plus d’une seconde et demie. Soit le bout du monde pour des sportifs et des sportives qui se battent généralement à coups de centièmes de seconde. Parmi les propositions du chercheur pour éviter que les courses soient biaisées, il y a la création d’une épreuve de sprint pour chaque côté de prothèse, l’organisation de courses dans le sens des aiguilles d’une montre (mais comment choisir le sens? par tirage au sort?) ou le placement automatique dans les couloirs extérieurs des athlètes avec une prothèse gauche. Comme le fait remarquer le New Scientist, qui relaie cette étude, Richard Browne, recordman du monde du 100 mètres et du 200 mètres, dispose d’une prothèse à droite, tout comme les autres favoris pour les JO de Rio, Jarryd Wallace et Jonnie Peacock. Il n’y a sans doute pas de hasard.

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